Jugées pour avoir torturé et violé une camarade

Par , le 26 septembre 2007 à 18h11 , mis à jour le 27 septembre 2007 à 10h10

Deux adolescentes comparaissent aujourd'hui au tribunal pour enfants de Versailles pour avoir, sans mobile, torturé et violé une camarade de chambrée en 2006.

Le palais de Justice de Nice/TF1Le palais de Justice de Nice © TF1/LCI

Le procès s'est ouvert ce jeudi matin à Versailles. Les faits remontent au 4 septembre 2006, à l'école Le-Nôtre, à Sonchamp, dans les Yvelines. Quatre jeunes filles de 15 à 18 ans partagent le même dortoir de ce centre de formation professionnelle géré par la Ville de Paris où une cinquantaine de jeunes sont placés par l'Aide sociale à l'Enfance pour des maltraitances subies dans leur famille. La rentrée a eu lieu depuis quelques jours déjà. Ce soir là, trois des jeunes filles reprochent à la quatrième, âgée de 14 ans, de faire grincer son lit.

Aucun mobile

"A l'origine du drame, on retrouve des gamineries qui ont dérapé dans l'horreur", a expliqué Me Jean-Christophe Bierling, ancien avocat d'une des mineures poursuivies. Selon une source judiciaire, le trio a infligé à la victime des claques, des coups, des brûlures de cigarette sur les mains et les jambes et lui a ordonné de se raser les jambes avant de la violer avec un cintre. Les trois adolescentes, qui n'avaient aucun antécédent judiciaire, ont reconnu les faits sans fournir de mobile précis.
 
Deux des jeunes filles auteurs des violences, âgées de 15 et 16 ans, comparaissent à huis clos depuis aujourd'hui devant le tribunal pour enfants de Versailles. Elles risquent la peine maximale de 20 ans de réclusion. Une troisième tortionnaire présumée âgée de 18 ans au moment des faits comparaîtra seule, en décembre, devant les assises de Versailles. Toutes trois avaient été écrouées en septembre 2006 à la prison des femmes de Versailles après avoir été mises en examen pour "violences aggravées et viol accompagné d'actes de barbarie". Seule la mineure de 16 ans a été libérée en juillet. Les deux autres sont toujours en détention provisoire.
  
Des élèves "ordinaires"
 
Selon une source judiciaire, c'est la mineure détenue qui est soupçonnée d'avoir commis le viol. "Aujourd'hui, elle a pris conscience de la gravité des faits", a confié à  l'AFP Me Jean-Yves Lienard, son défenseur. "De ce procès, elle attend de liquider une partie de son histoire pour en commencer une autre". A l'époque, le directeur de l'école avait parlé "d'élèves ordinaires", "traumatisées par l'acte commis". "Rien, selon lui, ne pouvait laisser penser qu'elles pouvaient en arriver là".
  
L'agression avait été découverte par un éducateur qui avait retrouvé un message informatique laissé par la jeune victime dans lequel elle exposait les violences subies sans faire allusion directement au viol. Ma cliente appréhende ce procès comme une étape douloureuse mais indispensable à sa reconstruction", a confié à l'AFP son avocate, Me Martine Péron. "Elle a été violemment marquée et a beaucoup souffert de l'omniprésence médiatique", a-t-elle souligné. "Aujourd'hui, ajoute-t-elle, elle est toujours prise en charge par l'Aide sociale à l'Enfance, elle n'a pas encore repris de formation mais elle possède une énorme capacité de reconstruction".

Par Alexandra Guillet le 26 septembre 2007 à 18:11
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