
Attitude discriminatoire ou principe de précaution appliqué trop à la lettre ? Le tribunal correctionnel de Nice a décidé lundi la relaxe pénale d'Air France, poursuivie pour discrimination par un couple de malvoyants. En mars 2004, le couple avait réservé trois places pour aller à Brest avec leur bébé de six mois, mais n'avait pu obtenir les billets, la compagnie exigeant la présence d'une tierce personne, voyante, pour accompagner l'enfant.
A l'audience, le 3 septembre, le procureur n'avait requis aucune peine, soulignant que si les plaignants avaient été "commercialement très mal traités", l'affaire ne laissait pas apparaître de "volonté discriminatoire" de la part d'Air France. L'avocate du couple avait pour sa part dénoncé un "traitement arbitraire et déplacé" de la part d'Air France et réclamé 40.000 euros de dommages et intérêts, compte-tenu des "répercussions morales énormes" de l'affaire. La défense d'Air France avait plaidé la relaxe en mettant en avant les accidents dont sont victimes les enfants non accompagnés ou mal accompagnés et en insistant sur le "dilemme entre principe de précaution et une éventuelle attitude discriminatoire".
Saisi par le couple, le tribunal des référés de Nice avait ordonné à Air France de leur délivrer un billet aller-retour aux dates choisies, permettant finalement aux jeunes parents d'effectuer leur voyage. Ils avaient cependant maintenu leur plainte au pénal contre la compagnie aérienne.
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