© AFP/ Michel GangneLa sanction est lourde pour la défense, justifiée pour l'accusation. Les deux adolescents jugés depuis mardi à huis clos pour l'incendie criminel d'un autobus en octobre dernier à Marseille ont été condamnés vendredi à huit années de prison, alors que le parquet avait requis deux peines de douze ans de réclusion. Les deux jeunes gens, en T shirts noirs, l'un âgé de 15 ans, l'autre de 16 ans, sont apparus sonnés à l'énoncé du jugement. Une parente a éclaté en pleurs.
Les avocats des deux jeunes gens vont étudier la possibilité de faire appel du jugement. "Huit ans, on pourrait être content mais on ne l'est pas parce que huit ans pour un enfant qui n'a pas encore 16 ans, c'est énorme. C'est très sévère", a déclaré l'avocat du plus jeune. L'avocat du plus âgé s'est dit "étonné" que tous les deux aient été condamnés à la même peine, puisque son client avait parlé et désigné celui qui avait mis le feu au bus. "La peine est pour nous manifestement encore trop lourde. Notre client est assez abattu. Il a un peu plus de seize ans et on vient de le condamner à la moitié de son âge", a-t-il déclaré.
"Si on dit la vérité, on meurt dans les quartiers nord"
L'avocat de Mama Galledou, gravement brûlée sur 62% de la surface du corps, a souligné que sa cliente était "soulagée" mais qu'elle ne souhaitait pas commenter la peine. "Elle ne veut pas être un symbole, elle ne veut pas être l'inspiratrice d'une politique pénale répressive", a-t-il dit. "Nous avions et nous avons confiance dans la justice", a réagi son père, qui a pourtant regretté ne pas avoir obtenu "la vérité" sur le drame. Mama Galledou avait témoigné jeudi au procès par vidéo interposée, mais ses demandes d'explication ("Pourquoi on m'a laissée brûler ? A quoi pensiez-vous quand vous êtes partis ?") se sont heurtées au mutisme des deux accusés.
Ce vendredi à la sortie du tribunal pour enfants de Marseille, où les deux jeunes gens comparaissaient depuis mardi à huis clos, la mère d'un des prévenus avait balayé les accusations selon lesquelles les deux adolescents se refusaient à toute explication : "Je préfère voir mon fils tous les jours en prison, même cent ans, et le savoir en vie", a-t-elle dit aux journalistes. "Si nos enfants parlent, ils risquent leur vie. Si on dit la vérité, on meurt dans les quartiers nord", a-t-elle assuré. Les six autres prévenus comparaîtront du 3 au 7 décembre devant la cour d'assises des mineurs des Bouches-du-Rhône et encourent une peine de trente ans de prison.
D'après agence
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