Incendie à Chambéry, le 1er janvier 2002 © TF1/LCILe tribunal correctionnel de Chambéry a prononcé vendredi la relaxe des pompiers du SDIS de Savoie, poursuivis en tant que personne morale pour homicides involontaires après la mort de deux jeunes dans l'incendie de leur immeuble à Chambéry en 2002. Le tribunal a suivi le réquisitoire du procureur de la République qui n'avait demandé aucune peine contre les pompiers, en estimant "qu'aucune faute de nature pénale ne pouvait être reprochée au service départemental d'incendie et de secours (SDIS) de Savoie".
Le drame remontait au 1er janvier 2002. Ce jour-là, dans la soirée, Alain Spiess, habitant le troisième étage d'un immeuble de Chambéry, demandait à son ami Hervé Ranzini d'allumer trois "cierges étincelants" accrochés à son sapin. L'arbre s'embrasait aussitôt et les deux hommes le couchaient sur le sol, renforçant involontairement le feu au lieu de limiter les flammes. A 19h37, alors que le brasier gagnait, une des épouses affolées appelait les pompiers mais s'avérait incapable de leur fournir des renseignements précis. Suivaient d'autres appels au standard des secours. A 19h41, les pompiers recevaient celui, terrible, de Delphine Vincent, 19 ans et Jonathan Touzani, 17 ans, qui se trouvaient alors sous les toits de l'immeuble : "on va mourir, dépêchez-vous (...), on est enfumé de partout, on ne peut pas sortir, les issues sont bouchées". On les entendait tousser puis... le silence.
La mère d'une victime en appelle à Nicolas Sarkozy
Dans la rue, les parents des victimes, persuadés que leurs enfants étaient dans l'immeuble en flammes, se faisaient éconduire par les services de secours. "On m'a dit de dégager plusieurs fois, il y avait une feuille avec la mention "aucune victime" sur le camion de la Croix-Rouge. Les corps de nos enfants n'ont été retrouvés que le lendemain à 15h30", dénonçait la mère de Delphine, Annie Clocher-Vincent.
Pour ce "raté" terrible, il était reproché au SDIS de ne pas avoir prêté "une attention suffisante à l'appel passé par les victimes", puis d'avoir "transmis une information erronée" au centre de secours. Mais le président de la cour, Daniel Muller, a souligné vendredi que, selon les experts, Delphine et Jonathan "étaient à la fin de leur appel téléphonique en état de coma irréversible". Il n'y avait donc, selon lui, pas de causalité entre les fautes effectivement commises par les pompiers et la mort des deux jeunes gens. Quant aux autres personnes morales et physiques poursuivies dans ce drame, elles ont aussi été relaxées : la société Pyragric, importatrice des cierges étincelants, et son ex-PDG Bruno Chevallet, ainsi que la société distributrice de ces produits, la société anonyme Denis-Bougies-le-Chat, et son PDG Alain Denis.
A la suite de cette relaxe générale, il n'existe plus aucune possibilité d'appel, ont indiqué les avocats. Annie Clocher-Vincent s'est dite "écoeurée", affirmant qu'il n'y avait "pas de justice en France". Selon elle, "si Delphine avait été la fille d'un préfet, il y aurait eu des condamnations". Elle a annoncé son intention d'écrire à Nicolas Sarkozy et à la Garde des Sceaux Rachida Dati pour que cette affaire soit à nouveau jugée.
D'après agence
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