Emmanuel Rist, principal accusé au procès de la profanation du cimetière juif d'Herrlisheim (Haut-Rhin) © TF1/LCILe ministère public a requis mercredi trois ans de prison ferme à l'encontre d'Emmanuel Rist, le "cerveau" présumé de la profanation du cimetière juif d'Herrlisheim, dans le Haut-Rhin, où 117 tombes avaient été recouvertes d'inscriptions néonazies et antisémites en avril 2004. Contre Laurent Boulanger et Laurent Peterschmitt, ses deux co-accusés, ont été demandés respectivement deux ans de prison et un de prison dont huit mois avec sursis.
"Je demande des peines proportionnées à la gravité de l'implication pénale, à la gravité des faits et à la personnalité des prévenus", a dit le procureur Pascal Schultz dans son réquisitoire. "Rist n'offre aucune garantie de non réitération des faits. Il ne s'est pas mis à nu hier, il a gardé un certain nombre de vêtements, il se drape dans une mouvance qu'il n'a pas totalement reniée". La veille pourtant, Emmanuel Rist, un ancien agent de sécurité de 37 ans, considéré comme l'idéologue du groupe, avait exprimé de vifs regrets devant le tribunal correctionnel de Colmar, où il comparaît depuis lundi au côté de ses deux coprévenus : "Il faut qu'un procès comme celui-ci fasse un exemple dans les générations futures pour que cela ne se reproduise pas. Tous les hommes sont égaux devant la souffrance, qu'on soit juif, maghrébin, français ou italien".
"Un procès en sorcellerie"
Insistant sur le choc généré à l'époque par la profanation, le procureur Pascal Schultz a par ailleurs souligné dans son réquisitoire de mercredi : "Votre jugement est attendu de tous, il se doit de rassurer les communautés juives et musulmanes, il se doit de rappeler, donc de restaurer les valeurs fondamentales de notre République".
"C'est un procès en sorcellerie" que l'on fait "à des enfants égarés", s'est insurgé pour sa part l'avocat d'Emmanuel Rist. Dans sa plaidoirie, Me Renaud Bettcher a demandé au tribunal "de ne pas suivre le procureur dans ses réquisitions" et de ne pas prendre "une décision pour l'exemple". Soulignant la "dualité" de Rist, son défenseur a encore indiqué qu'il demeurait une "énigme, il a un côté lune et un côté soleil, un côté sombre et un côté ensoleillé". Selon l'avocat,
"c'est une personnalité fragile qui a parfois du mal à endiguer ses affects".
Interpellés puis mis en examen en janvier 2006, les trois prévenus ont tous admis les faits mais n'ont cessé durant le procès de se renvoyer la responsabilité de l'expédition. Emmanuel Rist a expliqué son geste par sa fascination pour "l'ordre et la discipline" de l'Allemagne nazie, des idées qu'il qualifie désormais "d'absurdités". Condamné en novembre 2006 pour des courriers antisémites, Rist est par ailleurs sous le coup de deux autres mises en examen : l'une au côté de Boulanger pour tentative de meurtre d'un Marocain en septembre 2005 à Rouffach, l'autre pour l'assassinat en pleine rue d'un homme d'origine marocaine en mai 2001 à Gundolsheim.
D'après agences
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