Quinze ans requis contre Yves Marguerat

le 19 septembre 2007 à 14h18 , mis à jour le 19 septembre 2007 à 14h33

L'avocate générale a comparé les agissements du chercheur, accusé de viols sur mineurs au Togo, à "un système mafieux", où pesait "l'omerta".

assises cour justice

Quinze ans de réclusion criminelle ont été requis mercredi par l'avocate générale contre Yves Marguerat, le chercheur français accusé devant la cour d'assises des Hauts-de-Seine de viols sur des enfants des rues de Lomé, où il a travaillé pendant plus de 15 ans. Le verdict, initialement prévu vendredi, a été avancé ; il est attendu en fin d'après-midi ou en soirée, l'absence de certains témoins ayant accéléré les débats.

Durant son réquisitoire, l'avocate générale, Jacqueline Amara, a comparé les agissements d'Yves Marguerat à "un système mafieux", où pesait "l'omerta" et où "tous les enfants, victimes ou pas", étaient redevables envers lui parce qu'ils avaient "peur que l'argent s'arrête". Accusant le chercheur d'avoir "sali l'Afrique" et de faire preuve d'une "mauvaise foi intégrale", elle a estimé qu'il était "toujours dangereux pour la société", malgré ses deux années de détention provisoire. "S'est-il rendu compte qu'il n'agissait que pour son plaisir, sans considérer les enfants ? S'est-il rendu compte qu'il a commis des actes graves ? Et bien, je n'en suis pas persuadée", a-t-elle poursuivi.

"Le silence des autorités françaises"

L'accusé, qui travaillait comme chercheur en géographie urbaine pour le compte d'un organisme public français, L'Orstom (devenu l'Institut de recherches pour le développement, IRD), a reconnu qu'il s'adonnait à des attouchements sexuels sur les nombreux enfants des rues qu'il hébergeait dans sa maison particulière. Mais il a nié tout viol.

Ses deux accusateurs et plusieurs témoins ont au contraire affirmé que le chercheur avait instauré un "système" qui voulait que les faveurs sexuelles s'échangent contre de petites sommes d'argent, dans un environnement de misère totale. Avant le réquisitoire, l'avocat des victimes, Me Thierry Picquet, avait lui aussi évoqué "l'argent comme pivot de ce dossier". Il a dénoncé "le silence des autorités françaises et la couverture des autorités togolaises" pendant la période d'expatriation d'Yves Marguerat à Lomé, de la fin des années 70 au milieu des années 80.

D'après agence

le 19 septembre 2007 à 14:18
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