© AFPL'absence de repentir n'aura finalement pas été un obstacle. A 54 ans, Jean-Marc Rouillan, ex-membre du groupe armé d'extrême gauche Action Directe, pourrait à son tour retrouver un petit air de liberté. Le tribunal d'application des peines de Paris lui a accordé mercredi le régime de semi-liberté qu'il avait demandé. Il pourra ainsi sortir la journée pour travailler, mais devra rentrer dormir en prison tous les soirs. Un premier pas vers la liberté conditionnelle qu'espère bien obtenir Rouillan d'ici un an ou deux.
Contacté par LCI.fr, son avocat, Jean-Louis Chalanset, s'est dit "satisfait" de cette décision du tribunal, "qui suit la tendance actuelle en Europe de libérer tous les prisonniers incarcérés pour le même type de faits dans les années 70 et 80". On apprenait toutefois en début d'après-midi que le parquet avait fait appel de la décision du TAP.
Avec Nathalie Ménigon, Joëlle Aubron et Georges Cipriani, Rouillan avait défrayé la chronique dans les années 80, notamment avec les assassinats du PDG de Renault Georges Besse et de l'ingénieur général de l'armement René Audran. Arrêtés en 1987, tous ont été condamnés à la réclusion criminelle à perpétuité.
D'après le dispositif de sortie prévu par le tribunal, explique Maître Chanlanset, "Jean-Marc Rouillan, actuellement détenu à Lannemezan, sera transféré le 22 octobre prochain au centre de détention des Baumettes à Marseille". Ville où se trouve la maison d'édition Agone, qui a publié trois de ses livres et qui lui a offert un CDI. "Mon client a l'obligation pendant un an de ne pas parler des faits à l'origine de sa condamnation, ni de publier d'ouvrage", poursuit Me Chalanset. Il devra par ailleurs "verser 30% de son salaire aux victimes et au Trésor Public".
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