Le capitaine Ludovic Aubriot, l'un des CRS victime d'un guet-apens dans le quartier sensible des Tarterêts © TF1/LCISept jeunes de 19 à 23 ans comparaissent depuis ce mercredi devant le tribunal correctionnel d'Evry. Tous sont accusés d'avoir participé, il y a tout juste un an, à l'agression très médiatisée de deux CRS dans la cité des Tarterêts à Corbeil-Essonnes. Cinq d'entre eux sont poursuivis pour violences aggravées, dont un également pour des dégradations sur la voiture des policiers, et menace de mort sur l'un des deux mineurs également poursuivis dans ce dossier. Ces mineurs seront jugés ultérieurement devant le tribunal pour enfants. Les deux autres majeurs sont jugés, l'un pour des dégradations sur la voiture des policiers, l'autre pour menaces.
Violences aggravées
Le 19 septembre 2006, la voiture du capitaine Ludovic Aubriot et du sous-brigadier Marc Audiffren avait été la cible de jets de pierres. Le capitaine, descendu pour constater les dégâts, et son collègue venu pour lui porter secours avaient été roués de coups. De nombreuses voix, dont celle de Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur, s'étaient élevées pour dénoncer un "guet-apens" contre les policiers, thèse par la suite écartée par l'enquête, et que la justice n'a pas retenue.
Moins d'une semaine après les faits, une vaste opération de police menée par environ 200 fonctionnaires, en présence de nombreux journalistes avait permis de procéder à l'interpellation de 11 suspects. Deux d'entre eux, identifiés grâce à de l'ADN retrouvé sur une canette et des restes de pizza, avaient finalement été mis hors de cause. De tentative de meurtre au début de l'enquête, les faits ont été requalifiés au cours de l'instruction en violences aggravées.
Témoin anonyme
Lors d'une première vague de mises en examen, les avocats des suspects avaient dénoncé les deux témoignages sous X sur lesquels s'appuie notamment l'accusation. Ils demeurent contestés par la défense, sur leur contenu et sur leur forme. Au moins l'un des avocats, Me Eric Plouvier, conseil de l'un des principaux mis en cause, a ainsi demandé que le témoin anonyme - direct - accusant son client, soit cité à l'audience, ce qui est possible avec un dispositif téléphonique assorti d'un brouillage de la voix. La décision revient président du tribunal, qui se prononcera à l'audience.
Selon Me Plouvier, ce témoin a mis en cause aussi formellement d'autres personnes dont l'alibi a été démontré, et qui n'ont finalement pas été poursuivies. Estimant que son client n'avait pas droit à un procès équitable, Me Plouvier a saisi la Cour européenne des Droits de l'Homme (CEDH). Le procès doit s'achever vendredi.
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