Dominique de Villepin © LCIMis en examen dans l'affaire Clearstream pour "complicité de dénonciation calomnieuse, recel de vol, recel d'abus de confiance et complicité d'usage de faux", Dominique de Villepin doit être à nouveau entendu le 13 septembre par les juges chargés du dossier. A un peu moins de deux semaines de cette audition, il s'explique dans Le Parisien Dimanche : "Je répondrai à toutes les questions des magistrats comme un citoyen ordinaire, et je pense que ce jour-là, la vérité fera un grand pas en avant". Mais celui qui se dit toujours "injustement attaqué" dans cette affaire où il est soupçonné d'avoir participé à une manipulation politique visant à nuire à Nicolas Sarkozy, alors son rival à droite dans la course à l'Elysée, s'interroge sur le "tour de passe-passe" qui a transformé le dossier en affaire "exclusivement" politique.
"L'affaire Clearstream, ce sont des centaines de victimes citées dans les listings falsifiés. Vouloir la réduire à une simple rivalité politique serait prendre le risque d'une erreur judiciaire", affirme-t-il. S'il dit ne pas croire "à la théorie du complot", il ajoute, désabusé : "Mais je connais les logiques personnelles, politiques et médiatiques, ainsi que hélas, la lâcheté du système. La chasse en meute est tellement naturelle que bien peu osent se dresser et crier à l'injustice".
"Eviter l'ingratitude" vis-à-vis de Jacques Chirac
Cette rivalité politique, à laquelle il ne veut pas voir réduite l'affaire Clearstream, n'est cependant pas non plus absente de l'interview de l'ex-Prermier ministre. Elle transparaît notamment dans la critique de l'ouverture pratiquée par Nicolas Sarkozy. Cette ouverture "ne doit pas diluer notre propre identité, pas plus que celles de personnalités extérieures qui acceptent de nous rejoindre", avertit Dominique de Villepin. "Le risque, dans notre pays, c'est que la course aux honneurs et aux places, le développement d'un esprit de cour, par la flatterie, la peur et l'intérêt tuent l'esprit critique", insiste l'ancien chef de gouvernement. "Je veux avec force qu'on évite le conformisme, cet unanimisme stérile".
Quant à la "rupture" du président de la République, Dominique de Villepin la jugera, affirme-t-il, à l'aune du chômage : "si dans deux ans, nous parvenons à baisser le taux de chômage de plus de deux points comme mon gouvernement l'a fait dans les deux dernières années, j'en serai très heureux". Autre critère: "si nous parvenons à dynamiser notre commerce extérieur, notre compétitivité, notre croissance pour atteindre les 3 ou 4% alors oui, je dirai que c'est une rupture".
Par ailleurs, il invite à "éviter l'ingratitude" vis-à-vis de Jacques Chirac : "Je me rappelle les égards et les gestes de Jacques Chirac envers François Mitterrand à la fin de son mandat. Il y a là une tradition républicaine qui doit continuer de nous inspirer".
D'après agence
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