Villepin dénonce un "tour de passe-passe"

le 02 septembre 2007 à 13h32 , mis à jour le 02 septembre 2007 à 14h11

Il s'interroge dans Le Parisien sur la façon dont le dossier a pris un tour "exclusivement politique". Au risque selon lui d'aboutir à une erreur judiciaire.

TF1 / LCI Dominique de VillepinDominique de Villepin © LCI

Mis en examen dans l'affaire Clearstream pour "complicité de dénonciation calomnieuse, recel de vol, recel d'abus de confiance et complicité d'usage de faux", Dominique de Villepin doit être à nouveau entendu le 13 septembre par les juges chargés du dossier. A un peu moins de deux semaines de cette audition, il s'explique dans Le Parisien Dimanche : "Je répondrai à toutes les questions des magistrats comme un citoyen ordinaire, et je pense que ce jour-là, la vérité fera un grand pas en avant". Mais celui qui se dit toujours "injustement attaqué" dans cette affaire où il est soupçonné d'avoir participé à une manipulation politique visant à nuire à Nicolas Sarkozy, alors son rival à droite dans la course à l'Elysée, s'interroge sur le "tour de passe-passe" qui a transformé le dossier en affaire "exclusivement" politique.

"L'affaire Clearstream, ce sont des centaines de victimes citées dans les listings falsifiés. Vouloir la réduire à une simple rivalité politique serait prendre le risque d'une erreur judiciaire", affirme-t-il. S'il dit ne pas croire "à la théorie du complot", il ajoute, désabusé : "Mais je connais les logiques personnelles, politiques et médiatiques, ainsi que hélas, la lâcheté du système. La chasse en meute est tellement naturelle que bien peu osent se dresser et crier à l'injustice".

"Eviter l'ingratitude" vis-à-vis de Jacques Chirac

Cette rivalité politique, à laquelle il ne veut pas voir réduite l'affaire Clearstream, n'est cependant pas non plus absente de l'interview de l'ex-Prermier ministre. Elle transparaît notamment dans la critique de l'ouverture pratiquée par Nicolas Sarkozy. Cette ouverture "ne doit pas diluer notre propre identité, pas plus que celles de personnalités extérieures qui acceptent de nous rejoindre", avertit Dominique de Villepin. "Le risque, dans notre pays, c'est que la course aux honneurs et aux places, le développement d'un esprit de cour, par la flatterie, la peur et l'intérêt tuent l'esprit critique", insiste l'ancien chef de gouvernement. "Je veux avec force qu'on évite le conformisme, cet unanimisme stérile".

Quant à la "rupture" du président de la République, Dominique de Villepin la jugera, affirme-t-il, à l'aune du chômage : "si dans deux ans, nous parvenons à baisser le taux de chômage de plus de deux points comme mon gouvernement l'a fait dans les deux dernières années, j'en serai très heureux". Autre critère: "si nous parvenons à dynamiser notre commerce extérieur, notre compétitivité, notre croissance pour atteindre les 3 ou 4% alors oui, je dirai que c'est une rupture".

Par ailleurs, il invite à "éviter l'ingratitude" vis-à-vis de Jacques Chirac : "Je me rappelle les égards et les gestes de Jacques Chirac envers François Mitterrand à la fin de son mandat. Il y a là une tradition républicaine qui doit continuer de nous inspirer".

D'après agence

le 02 septembre 2007 à 13:32
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles France
  

5 Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

  • Ali, le 02/09/2007 à 19h07

    Je suis étonné de voir que la piste d'une éventuelle manipulation par des services étrangers n'a jamais été envisagée. N'oublions pas que Villepin s'est fait beaucoup d'ennemis sur la scène internationale depuis 2002. Et il était le dernier obstacle à un changement de la politique internationale française, notamment en Irak.

  • Hgo04, le 02/09/2007 à 17h56

    Ouai, bof.. un problème existentiel, un baroud, une tentative de je ne sais quoi, mais il pourrait attendre au moins la fin de cette affaire avant de prétendre à un retour politique... Quant à sa ferveur sur l'ancien président, je n'ai pas souvenir de fair play envers notre président actuel, n'est ce pas?.. Pendant qu'il attendait à une terrasse de café que Monsieur se décide de sortir de l'eau, torse nu, ventre plat et bronzé comme un dieu, poursuivi par une nuée de journalistes et tournant au ridicule son "ami Nicolas".. Je ne me souviens pas de son soutien quant aux critiques sur la taille de son ministre, je ne me souviens pas de son soutien, quand l'affaire du départ de cécilia est venu "par hazard" aux oreilles de la presse... Allons... tut tut.. pas de victimisation, siouplait, monsieur le ministre qui avait le pouvoir de lever rapidement cette affaire de faux listing.. Pas de victimisation, siouplait.. Tout le monde connait ce fonctionnement qui est de se faire passer pour une victime en pervertissant la réalité.. Que la justice se poursuive, si c'est vraiment un montage, on le saura...

  • Julien Marbois, le 02/09/2007 à 16h20

    De Villepin cherche à nous faire croire qu'il ne servait nullement ses intêrets personnels , mais les intêrets de la nation. Peut-être dit-il la vérité , cependant , le monde actuel de la politique est entâché de réglements de comptes , de provocations...!C'est la course au mandat , au détriment des besoins des citoyens!

  • Cordebrume, le 02/09/2007 à 16h06

    Je comprends que "ne plus exister médiatiquement" quand on a été aussi présent internationalement fait du mal. Je crois que D.de.Villepin s'est asphyxié tout seul par sa volonté de ne rien avouer et de protéger (inutilement, son mandat de président suffisait) son mentor. C'est vraiment dommage pour cet homme de grand talent que de tomber pour ne pas avoir eu d'autre courage que de se taire quand il ne le fallait pas !!! Il a encore une ouverture politique de possible c'est "le Centre et la Gauche" où le Nouveau PS- il faut des hommes d'expérience alors pourquoi pas,il connait toutes les ficelles.

  • Candide niort, le 02/09/2007 à 15h03

    Mon respect et admiration à l'égard de cet homme d'état demeurent intacts et il devrait sans sortir en laissant" qqs plumes de son illustre ramage" ce qui devrait le renforcer pour l'avenir .

Lire tous les commentaires

      logAudience