Villepin le 12 septembre au pôle financier du TGI de Paris © TF1L'un refuse de retirer sa plainte ; l'autre le met au défi de fournir des preuves. Dominique de Villepin et Nicolas Sarkozy s'affrontent par médias interposés sur fond d'affaire Clearstream. Le dossier des listings truqués de la chambre de compensation financière luxembourgeoise figurait parmi les multiples sujets abordés jeudi soir par Nicolas Sarkozy, lors de son interview diffusée sur TF1 et France 2 : "Mon nom a été sali, on m'a fait un faux compte avec des faux virements dans une banque dont j'ignorais tout. J'ai eu une commission rogatoire internationale sur le dos pendant 15 mois (...) Il a fallu que je démontre à la justice de mon pays que je n'avais pas de compte"... A la véhémence de Nicolas Sarkozy, Dominique de Villepin a répondu ce vendredi par lettre. Et le texte en a été transmis aux principales agences de presse.
L'actuel président de la République veut rester partie civile dans ce dossier ? L'ex-Premier ministre, mis en examen pour "complicité de dénonciation calomnieuse", s'en étonne et pointe cette "bizarrerie juridique", alors que le chef de l'Etat préside statutairement le Conseil supérieur de la magistrature. "Je veux insister dans ce contexte sur la nécessité d'une très grande vigilance pour éviter toute confusion entre vos prérogatives présidentielles aujourd'hui et ministérielles hier et votre statut de partie civile", écrit Dominique de Villepin. "Je ne suis pas sûr que vos déclarations d'hier aient permis de sortir de cette confusion, pour moi d'autant plus dommageable que d'aucuns s'évertuent depuis trois ans à pointer le doigt vers Jacques Chirac et moi-même".
"Peut-être que tous les éléments ne figurent pas au dossier..."
Nicolas Sarkozy s'indigne d'avoir vu son nom cité dans cette affaire ? "Le dossier d'instruction ne comporte aucun élément de mise en cause de votre personne ni sur le plan médiatique ni sur le plan judiciaire", rétorque Dominique de Villepin. "J'ai noté l'insistance avec laquelle vous avez fait valoir combien votre nom avait été 'sali' et qu'il avait fallu que vous 'démontriez à la justice' de votre pays que vous n'aviez pas de compte chez Clearstream. Que je sache, les commissions rogatoires lancées par le juge Van Ruymbeke (pour vérifier la réalité de l'existence de ce compte), correspondent à un travail de vérification confidentiel pour lequel vous n'avez été à aucun moment sollicité".
L'ex-Premier ministre s'adresse alors au chef de l'Etat sur le ton de l'ironie : "Mais peut-être que tous les éléments ne figurent pas au dossier des juges d'Huy et Pons (les magistrats saisis de l'affaire) et dans ce cas, je suis certain que vous ne manquerez pas de les leur faire parvenir".
Villepin se pourvoit en cassation contre la caution |
Dominique de Villepin va se pourvoir en cassation contre la décision de la cour d'appel de Paris de maintenir une caution, réduite à 50.000 euros, dans le cadre de son contrôle judiciaire. Le Premier ministre explique que la décision de la chambre de l'instruction de réduire le montant de sa caution de 200.000 à 50.000 euros constitue "une première étape", mais son "combat ne s'arrêtera que le jour où la vérité entière sera connue dans l'affaire Clearstream et où justice (lui) aura été rendue". Mis en examen le 27 juillet pour "complicité de dénonciation calomnieuse, recel de vol et d'abus de confiance, complicité d'usage de faux", Dominique de Villepin est soumis a un contrôle judiciaire qui lui interdit de rencontrer Jacques Chirac mais aussi les principales personnes mises en cause dans ce dossier. |
D'après agences
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