Villepin le 12 septembre au pôle financier du TGI de Paris © TF1![]() |
| Villepin "heureux de pouvoir expliquer sa conviction" |
Ce jeudi s'annonce crucial pour Dominique de Villepin. L'ex-Premier ministre est en ce moment au pôle financier de Paris à la convocation des juges en charge de l'affaire Clearstream. Il doit être auditionné sur le fond de l'affaire. Une première depuis sa mise en examen le 27 juillet dernier pour "complicité de dénonciation calomnieuse, recel de vol et d'abus de confiance et complicité d'usage de faux". Dominique de Villepin est en effet soupçonné par les juges d'Huy et Pons d'avoir participé à une conspiration visant à déstabiliser l'actuel chef de l'Etat, Nicolas Sarkozy, partie civile dans ce dossier.
Des accusations "sans fondement"
Ces derniers jours, l'ancien chef de gouvernement s'est employé à plaider sa cause dans les médias. Invité de LCI mercredi 12 septembre, Dominique de Villepin a nié avoir voulu nuire à Nicolas Sarkozy et promis d'apporter aux juges "des éléments montrant qu'il n'y a pas d'affaire politique Clearstream". L'ex-Premier ministre s'est présenté comme une victime : "Il y a des accusations qui ont été portées et qui ont dirigé les regards vers le président de la République et moi-même, et ce sans aucun fondement". Parlant de sa convocation, il s'est réjoui de cette "nouvelle étape" pour "comprendre comment ce dossier a pu être détourné de son objet".
Le 3 septembre sur Europe 1 il s'était interrogé sur l'influence de Nicolas Sarkozy sur le cours de l'enquête. "Comment peut-on être partie civile alors qu'on est président de la République, président du Conseil supérieur de la magistrature, qu'on peut se tenir jour après jour informé d'un dossier?" demandait-il alors.
Une lettre pour les juges
Dans un courrier daté du 7 septembre et dont LCI a pris connaissance, Dominique de Villepin s'est également adressé à ses juges, en vue de son audition. Une lettre dans laquelle il "s'étonne des nouvelles violations du secret de l'instruction", évoquant notamment la publication dans un hebdomadaire d'éléments "jetant injustement et scandaleusement la suspicion". Des violations "inacceptables" et "méprisables" écrit-il, "d'autant plus que, dans le procès d'intention politique qui m'est fait, la thèse de l'accusation s'appuie sur une rivalité politique qui expliquerait le fond de l'affaire Clearstream, alors que j'aurai l'occasion de vous le démontrer le 13 septembre prochain, preuves à l'appui, cette thèse est erronée".
D'après le JDD du 9 septembre, les juges auraient prévu de poser quelque 80 questions à l'ex-Premier ministre. Cet interrogatoire a été planifié depuis qu'ils ont reçu, à la fin du mois de juin, les résultats d'une expertise de l'ordinateur du général Philippe Rondot, témoin clé de l'affaire. Ces notes, dont la teneur a été confirmée en juillet par le militaire et par Jean-Louis Gergorin, mis en examen dans le dossier, suggèrent une implication de M. de Villepin dans une manipulation qui a consisté à dénoncer la présence de personnalités, dont Nicolas Sarkozy, dans un listing bancaire de la chambre de compensation Clearstream. Ces documents étaient en réalité des faux. L'ex-vice président d'EADS a notamment affirmé aux juges avoir transmis de manière anonyme le fameux listing au juge van Ruymbeke à la demande de M. de Villepin qui lui aurait fait part d'une "instruction" du président Chirac.
La CJR ne sera pas saisie
Au cours de cette audition, M. de Villepin, comme il l'a déjà dit, ne sollicitera pas la compétence de la Cour de Justice de la République (CJR). "C'est un choix personnel, ont expliqué à l'AFP ses avocats, maîtres d'Antin et Brossolet. L'instruction est déjà bien avancée et on peut supposer qu'elle arrivera plus vite à son terme qu'une procédure qui démarrerait dans le cadre de la CJR. (...) Tout innocent a besoin d'être reconnu comme tel le plus rapidement possible", ont-ils déclaré.
| L'affaire de la caution |
Lors de sa mise en examen le 27 juillet, les juges ont imposé à M. de Villepin un contrôle judiciaire assorti d'une caution de 200.000 euros, sur lequel l'ancien Premier ministre a fait appel. Ses avocats jugent en effet ce montant "inutilement vexatoire". La chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris examinera ce recours vendredi. Le parquet général de Paris a d'ores et déjà annoncé, mercredi, qu'il allait requérir la confirmation de l'ordonnance de placement sous contrôle judiciaire mais, en revanche, demander le rejet de la demande de caution. |
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