Villepin s'explique face aux juges

Par , le 12 septembre 2007 à 18h41 , mis à jour le 13 septembre 2007 à 10h35

Info LCI - L'ex-Premier ministre, en ce moment chez les juges, leur a écrit une semaine avant sa convocation pour dénoncer des "violations inacceptables du secret de l'instruction".

Villepin le 12 septembre au pôle financier du TGI de ParisVillepin le 12 septembre au pôle financier du TGI de Paris © TF1

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Villepin "heureux de pouvoir expliquer sa conviction"
 

Ce jeudi s'annonce crucial pour Dominique de Villepin. L'ex-Premier ministre est en ce moment au pôle financier de Paris à la convocation des juges en charge de l'affaire Clearstream. Il doit être auditionné sur le fond de l'affaire. Une première depuis sa mise en examen le 27 juillet dernier pour "complicité de dénonciation calomnieuse, recel de vol et d'abus de confiance et complicité d'usage de faux". Dominique de Villepin est en effet soupçonné par les juges d'Huy et Pons d'avoir participé à une conspiration visant à déstabiliser l'actuel chef de l'Etat, Nicolas Sarkozy, partie civile dans ce dossier.

Des accusations "sans fondement"
  
Ces derniers jours, l'ancien chef de gouvernement s'est employé à plaider sa cause dans les médias. Invité de LCI mercredi 12 septembre, Dominique de Villepin a nié avoir voulu nuire à Nicolas Sarkozy et promis d'apporter aux juges "des éléments montrant qu'il n'y a pas d'affaire politique Clearstream". L'ex-Premier ministre s'est présenté comme une victime : "Il y a des accusations qui ont été portées et qui ont dirigé les regards vers le président de la République et moi-même, et ce sans aucun fondement". Parlant de sa convocation, il s'est réjoui de cette "nouvelle étape" pour "comprendre comment ce dossier a pu être détourné de son objet".

Le 3 septembre sur Europe 1 il s'était interrogé sur l'influence de Nicolas Sarkozy sur le cours de l'enquête. "Comment peut-on être partie civile alors qu'on est président de la République, président du Conseil supérieur de la magistrature, qu'on peut se  tenir jour après jour informé d'un dossier?" demandait-il alors.
 
Une lettre pour les juges

Dans un courrier daté du 7 septembre et dont LCI a pris connaissance, Dominique de Villepin s'est également adressé à ses juges, en vue de son audition. Une lettre dans laquelle il "s'étonne des nouvelles violations du secret de l'instruction", évoquant notamment la publication dans un hebdomadaire d'éléments "jetant injustement et scandaleusement la suspicion". Des violations "inacceptables" et "méprisables" écrit-il, "d'autant plus que, dans le procès d'intention politique qui m'est fait, la thèse de l'accusation s'appuie sur une rivalité politique qui expliquerait le fond de l'affaire Clearstream, alors que j'aurai l'occasion de vous le démontrer le 13 septembre prochain, preuves à l'appui, cette thèse est erronée".
 
D'après le JDD du 9 septembre, les juges auraient prévu de poser quelque 80 questions à l'ex-Premier ministre. Cet interrogatoire a été planifié depuis qu'ils ont reçu, à la fin du mois de juin, les résultats d'une expertise de l'ordinateur du général Philippe Rondot, témoin clé de l'affaire. Ces notes, dont la teneur a été confirmée en juillet par le militaire et par Jean-Louis Gergorin, mis en examen dans le dossier, suggèrent une implication de M. de Villepin dans une manipulation qui a consisté à dénoncer la présence de personnalités, dont Nicolas Sarkozy, dans un listing bancaire de la chambre de compensation Clearstream. Ces documents étaient en réalité des faux. L'ex-vice président d'EADS a notamment affirmé aux juges avoir transmis de manière anonyme le fameux listing au juge van Ruymbeke à la  demande de M. de Villepin qui lui aurait fait part d'une "instruction" du  président Chirac.

La CJR ne sera pas saisie

Au cours de cette audition, M. de Villepin, comme il l'a déjà dit, ne sollicitera pas la compétence de la Cour de Justice de la République (CJR). "C'est un choix personnel, ont expliqué à l'AFP ses avocats, maîtres d'Antin et Brossolet. L'instruction est déjà bien avancée et on peut supposer qu'elle arrivera plus vite à son terme qu'une procédure qui démarrerait dans le cadre de la CJR. (...) Tout innocent a besoin d'être reconnu comme tel le plus rapidement possible", ont-ils déclaré.  

L'affaire de la caution

Lors de sa mise en examen le 27 juillet, les juges ont imposé à M. de  Villepin un contrôle judiciaire assorti d'une caution de 200.000 euros, sur  lequel l'ancien Premier ministre a fait appel. Ses avocats jugent en effet ce montant "inutilement vexatoire". La chambre de l'instruction de la  cour d'appel de Paris examinera ce recours vendredi. Le parquet général de Paris a d'ores et déjà annoncé, mercredi, qu'il allait requérir la confirmation de l'ordonnance de placement sous contrôle judiciaire mais, en revanche, demander le rejet de la demande de caution.
Le contrôle judiciaire prévoit une interdiction de rencontrer Jacques Chirac, ainsi que les principales personnes mises en cause dans ce dossier, dont Jean-Louis Gergorin et Imad Lahoud mis en examen en juin 2006, mais également le général Philippe Rondot, entendu sous le statut de témoin assisté.

 

Par Alexandra Guillet le 12 septembre 2007 à 18:41
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9 Commentaires

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  • Derradj, le 13/09/2007 à 12h17

    Il existe des tribunaux fait pour cela. Il faut mettre en place un tribunal politique....On a pas besoin de remuer la plaie

  • M.DEVARS, le 13/09/2007 à 12h15

    Mr de Villepin continue à nous prendre pour des demeurés ce qui à lire certaines réactions de vos lecteurs peut se comprendre. A l'entendre parler du Chef de l'Etat, on voit perçer la haine, chevillée au corps, pour cet homme qui, semble t'il, la lui rend bien. Il peut toujours, aujourd'hui, avoir l'air de tomber de l'armoire, tout le monde se gondole. J.Chirac et lui voulaient abattre Nicolas sarkozy et ils ont cru détenir un missile nucléaire. Eh bien, la bombe leur pète à la figure. D. de Villepin, par habitude, s'est cru malin que les autres mais aujourd'hui la connerie change de camp. Chirac, surprotégé, se fout éperdument d'avoir encore cassé son jouet et le nouveau locataire de l'Elysée se marre !

  • Guillet, le 13/09/2007 à 11h49

    Bravo pour cette excellente synthèse. Limpide et compréhensible

  • Eddy, le 13/09/2007 à 11h44

    Et si toute cette affaire avait simplement été orchestrée par Sarkozy lui-même afin de se la jouer en victime et éliminer tous les candidats potentiels autour de lui... n'oublions pas que MAM était aussi citée dans ces listings ainsi que Strauss Kajn, qui étaient à l'époque du début de l'affaire les plus en position pour battre Sarko... En plus il était ministre de l'Intérieur à l'époque, il pouvait facilement monter ce genre de chose aussi...

  • MENAHEM, le 13/09/2007 à 11h36

    Monsieur de villepin fait il dont si peur a c est hommes politique qu ont cherche a tout prix a lui cassè les reins laissez le vivre sa vie en homme honnete qu il est

  • Le sagard, le 13/09/2007 à 08h49

    Pourquoi est il si agressif si il se sait non coupable et peut apporter la preuve?aurait il trouver cette solution pour ne pas se faire oublier des Francais?

  • Claire string, le 13/09/2007 à 08h08

    Cher Dominique, tu as raison la meilleure défense c'est l'attaque; met leur leur nez dans leur caca à tous ces magistrats en quête de tableau de chasse.

  • Andrée, le 13/09/2007 à 07h58

    Je ne pense pas que M de VIllepin soit coupable de mauvaise intention,il a fait son travail. Par contre il aurait pu informer N?S. de ce fait.

  • Michel, le 13/09/2007 à 07h43

    Que cherche t'il ? A se justifier ? Qu'il le fasse, mais qu'il nous fiche la paix avec son histoire très "chiraquienne'..

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