De dos, l'unique prostituée portée partie civile au procès contre les 7 CRS accusés de violsDes peines de "huit à dix ans" de prison ont été requises jeudi à la cour d'assises de Paris contre trois policiers d'une compagnie républicaine de sécurité, accusés de viols sur des prostituées à Paris en 2002 et 2003. Les trois hommes, Romaric Leclercq, 28 ans, Yohann Mahé, 29 ans, et Cyril Dussart, 31 ans, ont reconnu les faits à l'audience mardi et présenté leurs excuses à la seule victime présente, Irini, une Albanaise de 28 ans. Ils encourent jusqu'à vingt ans de réclusion criminelle.
Sept CRS jugés pour "viols aggravés"
Ils comparaissent devant la cour d'assises de Paris pour avoir abusé de leur fonction en 2003 afin d'obtenir gratuitement les faveurs de prostituées. Des actes qualifiés de "viols aggravés" par l'accusation.
Publié le 06/09/2007
"Je tiens compte de leur repentance, de l'image désastreuse qu'ils ont donnée de la police et de la souillure, heureusement pas ineffaçable, qu'ils ont imposée sur l'institution policière", a dit l'avocat général Philippe Bilger dans son réquisitoire. Il a également requis des peines de 18 mois de prison avec sursis contre deux autres CRS et trois ans de prison avec sursis contre les deux derniers policiers accusés. Ces quatre hommes sont accusés de complicité dans les viols ou de non-dénonciation.
"Je ne suis pas un sandwich"
Fait exceptionnel, la plaignante albanaise, renvoyée dans son pays en 2004, s'est déplacée à Paris pour venir déposer contre les accusés lundi dernier. "Je suis une femme et j'ai des droits. je ne suis pas un sandwich", a expliqué Irini. Onze faits de viols sont retenus au total. L'accusation soutient que les faits étaient une pratique courante chez certains membres de la CRS 7, unité de Deuil-la-Barre (Val-d'Oise) affectée à la surveillance d'axes routiers de la périphérie de Paris et des abords du Stade de France.
Selon le mode opératoire, tel que reconstitué par l'accusation, les policiers exerçaient une forme de chantage en contrôlant l'identité des prostituées, des étrangères parfois en situation irrégulière. Ils promettaient de ne pas les inquiéter en échange de relations sexuelles non rémunérées. Selon une psychologue témoignant devant la cour, il s'agissait d'abord d'actes "ludiques et infantiles", commis pendant les heures de travail lors d'expéditions nocturnes alcoolisées. Pour eux "c'était très ludique, très infantile, avec peut-être une petite jouissance du pouvoir" conféré par l'uniforme de policier, a-t-elle précisé. Le verdict doit être rendu vendredi.
(D'après agence)
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