Le capitaine Ludovic Aubriot, l'un des CRS victime d'un guet-apens dans le quartier sensible des Tarterêts © TF1/LCILe tribunal correctionnel d'Evry a décidé de suivre les réquisitions du procureur à l'encontre des jeunes poursuivis pour l'agression de deux CRS le 19 septembre 2006 dans la cité des Tarterêts à Corbeil-Essonnes. Mounir Labidi, dit "le boxeur", écope de huit ans de prison. Bachirou Tandjigora, formellement reconnu par l'un des policiers comme son agresseur, est condamné à six ans ferme. Tout comme Mehdi Bouharel, surnommé "Pistache".
Deux prévenus poursuivis pour les violences ont été relaxés : Bianca N'Gobila, 19 ans, contre qui le procureur avait requis 7 ans de prison, au bénéfice du doute; Karim Boutahrifa, 19 ans, pour lequel le procureur s'en était remis à l'appréciation du tribunal. Il a bénéficié d'une relaxe simple. Le parquet a annoncé qu'il allait interjeter appel pour N'Gobila. Enfin, Ahmed Aimad a été condamné à 18 mois de prison, pour des dégradations sur la voiture des policiers, et Abderazak Harem à 6 mois, pour avoir menacé lors de sa garde à vue un mineur au moment des faits, qui doit comparaître le 12 octobre devant le tribunal des enfants.
Protestation des avocats
A l'énoncé du jugement, des cris de protestation de proches des condamnés ont traversé la salle. Les avocats de Mounir Labidi et Mehdi Bouharel ont annoncé leur intention de faire immédiatement appel. Me Eric Plouvier, conseil de Mounir Labidi a dénoncé "un dossier scandaleusement monté sans preuves". "Les juges ne sont pas les greffiers du pouvoir exécutif", a-t-il affirmé à l'AFP, ajoutant qu'il envisageait porter l'affaire devant la Cour européenne des Droits de l'Homme (CEDH).
Me Karine Bouden, qui défend Mehdi Bouharel, a estimé que le jugement n'était "pas fondé". "Si on condamne des gens sans preuves, on est tous coupables", a déclaré Mohamed Bouharel, père de Mehdi. L'avocat de Bachirou Tandjigora, Me Jean-Laurent Panier, a annoncé qu'il ne ferait pas appel, estimant que ce dossier était "explosif", et qu'il y a "trop de risques à prendre".
Rappel des faits
Le 19 septembre 2006, la voiture du capitaine Ludovic Aubriot et du sous-brigadier Marc Audiffren avait été la cible de jets de pierres. Le capitaine, descendu pour constater les dégâts, et son collègue venu pour lui porter secours avaient été roués de coups. De nombreuses voix, dont celle de Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur, s'étaient élevées pour dénoncer un "guet-apens" contre les policiers, thèse par la suite écartée par l'enquête, et que la justice n'a pas retenue.
Moins d'une semaine après les faits, une vaste opération de police menée par environ 200 fonctionnaires, en présence de nombreux journalistes avait permis de procéder à l'interpellation de 11 suspects. Deux d'entre eux, identifiés grâce à de l'ADN retrouvé sur une canette et des restes de pizza, avaient finalement été mis hors de cause. De tentative de meurtre au début de l'enquête, les faits ont été requalifiés au cours de l'instruction en violences aggravées.
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