© DR"Une seule réponse s'impose, celle de la fermeté", a déclaré Delphine Dewailly, en prononçant son réquisitoire contre Rachid Ramda. L'avocat général de la cour d'assises spéciale de Paris a demandé, mercredi après-midi, la réclusion criminelle à perpétuité, assortie d'une période de sûreté maximale de 22 ans, à l'encontre de Rachid Ramda, accusé d'avoir financé trois des attentats de 1995 dans la capitale.
L'accusé était un "rouage essentiel" du GIA, la plus brutale des organisations islamistes algériennes qui avait revendiqué les attentats. Il était "la courroie de transmission de Djamel Zitouni", le chef de ce groupe en Algérie, "l'argentier (...) chargé de bien plus" que de fournir l'argent ayant servi à fabriquer les bombes, a ajouté Mme Dewailly. Il a financé "toute la logistique" des jihadistes du GIA en France, a-t-elle poursuivi, en évoquant notamment le paiement des téléphones ou des billets de transport qu'ils utilisaient.
Rachid Ramda a reconnu durant son procès avoir effectué un virement de 5.000 livres sterling à la veille d'un des attentats, mais affirmé qu'il ignorait que le destinataire était un des poseurs de bombe. D'après les enquêteurs il aurait financé, depuis Londres où il était installé, les attentats du RER Saint-Michel (8 morts, environ 150 blessés le 25 juillet 1995) et ceux des stations Maison-Blanche et Musée d'Orsay qui avaient fait des dizaines de blessés en octobre de la même année.
Condamné en 2006 à dix ans de prison dans le volet délictuel de l'affaire (association de malfaiteurs en lien avec une entreprise terroriste) il avait été en 2002 le grand absent du procès criminel qui s'était soldé par la condamnation à la prison à vie de Boualem Bensaïd et de Smain Aït Ali Belkacem. Arrêté en novembre 1995 à Londres, Ramda n'a été extradé vers la France que dix ans plus tard au terme d'une longue bataille de procédure.
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