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| Le point sur la situation |
Depuis jeudi, neuf Français sont emprisonnés au Tchad. Neuf Français arrêtés alors qu'ils s'apprêtaient à évacuer 103 enfants vers la France. Avec eux en garde à vue, sept membres espagnols de l'équipage de l'avion affrété par l'association. Leur garde à vue a d'ailleurs été prolongée samedi pour 48 heures.
Motif invoqué par l'Arche de Zoé, l'association responsable de l'opération : "les sauver d'une mort certaine" et les faire accueillir par des familles françaises. Seulement voilà, les autorités tchadiennes accusent ces personnes d'enlèvement et de trafics d'enfants. Et depuis, la polémique ne cesse d'enfler autour de cette affaire que le journal Le Figaro qualifie dans son édition de samedi "d'incroyable équipée des Pieds Nickelés de l'humanitaire".
Dernière réaction en date, celle du pilote de l'association, qui a transporté des enfants au Tchad pour l'opération de l'ONG. Selon lui, "les Tchadiens étaient au courant", dit-il sur différentes radios. J'ai fait 34 heures de vol en 15 jours, j'ai été le témoin direct de ces petits enfants, je lisais dans leur regard l'épouvante de ce qu'ils avaient vécu, raconte-t-il. Les documents de vol donnaient le nombre de passagers et un maximum d'informations" mentionnant qu'il s'agissait d'"orphelins du Darfour". Et d'ajouter : "Qu'il y ait eu des abus ou des mensonges, c'est possible".
"Ils n'ont prévenu personne"
Vendredi soir, la télévision publique tchadienne a diffusé des images des neuf Français. Menottés, assis à même le sol. Ce sont des membres de l'ONG, dont l'un des dirigeants, Eric Breteau, ainsi que trois journalistes qui les accompagnaient. Le président tchadien Idriss Déby a affirmé vendredi qu'ils seraient tous sanctionnés pour cet "acte horrible" qu'il qualifie d"'enlèvement pur et simple".
Côté français, le gouvernement condamne également l'opération. Et d'assurer, via Rama Yade, "avoir tout fait pour interdire, pour empêcher cette opération". La secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères et aux droits de l'Homme avait expliqué sur LCI avoir appris ce projet le 14 juin. Et de "fortement déconseiller" à l'Arche de Zoé "de le faire". "Ils ont mené cette opération dans la plus grande des clandestinités, ils n'ont prévenu personne", a-t-elle martelé. La justice française s'était, quant à elle, saisie de l'affaire dès cet été (Lire notre article).
"C'est du travail d'amateur"
"Tout était en règle avec l'accord du gouvernement français, qui était au courant de l'opération depuis avril", rétorque sur BFM TV Agathe Deregnancourt, du Collectif des familles pour les orphelins du Darfour. "Il ne s'agissait pas ni d'achat ni d'adoption. (Les enfants) devaient avoir en toute légalité une carte de réfugié politique pour avoir le droit d'asile en France et des familles étaient bénévoles pour accueillir les enfants chez elles." L'Arche de Zoé explique que ces 103 enfants, "orphelins de père, de mère et de famille", lui ont été confiés sur le territoire du Darfour par des chefs de village et qu'elle les a conduits au Tchad avec l'autorisation du gouvernement de N'Djamena.
Et les enfants dans tout ça ? Ils ont été pris en charge depuis par l'Unicef, qui tente d'en savoir plus sur leur identité. "Ce qu'ils ont fait était complètement illégal. C'était du travail d'amateur", a expliqué le responsable de l'Unicef au Tchad en parlant de l'Arche de Zoé. Vendredi matin, sur LCI, le président d'Unicef France avait expliqué que ces enfants, âgés en moyenne de 4-5 ans étaient "loin d'être orphelins". Affaire à suivre.
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