© AFP/D.MEYERQuatorze ans après le drame, quelques mois après un premier jugement, la catastrophe aérienne du Mont Sainte-Odile revient devant les juges depuis mardi, pour un procès en appel. En novembre dernier, le tribunal correctionnel de Colmar avait reconnu l'entière responsabilité civile des compagnies Airbus et Air France (qui a intégré Air Inter), relevant notamment des "négligences" dans la conception du cockpit de l'A320.
En revanche, il avait relaxé les six prévenus : un contrôleur aérien et cinq anciens cadres de la Direction générale de l'aviation civile (DGAC), d'Air Inter et d'Airbus Industries. Les prévenus avaient décliné toute culpabilité dans le crash de l'appareil qui avait percuté le 20 janvier 1992 un versant enneigé du massif du Mont Sainte-Odile alors qu'il s'approchait de l'aéroport de Strasbourg-Entzheim. L'avion, qui reliait Lyon à Strasbourg, volait trop bas et s'était écarté de sa trajectoire. Compagnies, constructeurs et cadres sont donc rejugés.
La DGAC en ligne de mire
"Nous voulons qu'Airbus reconnaisse que cet avion n'était pas infaillible et qu'il n'aurait jamais dû voler", explique Alvaro Rendon, le président d'Echo, l'association de rescapés et de proches des 87 victimes. Selon lui, ce procès devrait aussi tourner autour de l'absence dans l'appareil d'un avertisseur de proximité de sol utilisés par d'autres compagnies, conformément à une norme internationale mais inexistante en France. "Ce qui nous touche le plus, c'est que la DGAC soit passée au travers. Si elle avait imposé le GPWS (l'avertisseur), on ne serait pas là", plaide Alvaro Rendon. Echo souhaite enfin que soient reconnus les traumatismes psychologiques, qui se s'ajoutent aux autres subis lors de l'accident.
Bernard Ziegler, dont les "négligences" relevées par le tribunal dans la conception de l'A320 avaient entraîné la condamnation au civil d'Airbus, entend quant à lui montrer "que, dans cette affaire, rien n'est reprochable" à l'appareil, selon son conseil Me Henri Leclerc. En raison de l'exiguité des locaux de la Cour d'appel, les sept semaines se dérouleront dans la salle de la Cour d'assises du Haut-Rhin, partiellement rénovée. Le jugement devrait être mis en délibéré.
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