La détention provisoire pour les moins de 16 ans ?

le 01 octobre 2007 à 11h33 , mis à jour le 01 octobre 2007 à 12h24

Dans une étude sur la délinquance des mineurs, police et gendarmerie demandent la mise en place d'une réflexion globale sur la notion de mineur.

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Les directeurs de la gendarmerie et de la police nationales publient lundi une étude sur la délinquance des mineurs en France soulignant l'ampleur d'un phénomène qui mobilise fortement leurs services. L'étude est publiée dans le numéro d'octobre des Cahiers de la Sécurité de  l'Institut national des hautes études de sécurité (INHES), un organisme de réflexion du ministère de l'Intérieur. Intitulée "les mineurs et les comportements violents", elle est signée des  directeurs de la police et de la gendarmerie, respectivement Frédéric Péchenard et Guy Parayre, initiative peu commune au regard de la guerre des polices qui a souvent opposé leurs institutions dans le passé.
 
Chiffres "éloquents"

MM. Péchenard et Parayre indiquent que, "malgré le fort recul de la délinquance" en France, les "violences aux personnes sont une réelle préoccupation" et que "celles émanant ou dont sont victimes les mineurs ne peuvent faire exception à la règle". Ils qualifient à cet égard les chiffres d'"éloquents" même si, notent-ils, "certains observateurs" mettent en cause "la validité" des chiffres officiels. 
 
Depuis dix ans, le pourcentage des mineurs parmi l'ensemble des personnes mises en cause dans des infractions, selon les statistiques officielles de la délinquance, "a légèrement régressé" mais reste important (18,33% en 2006). Cet "aspect quantitatif" ne fournit cependant pas une "image précise du phénomène". En 2006 par exemple, "le nombre de mineurs mis en cause" pour des violences "a augmenté plus vite que celui des majeurs". La part des mineurs impliqués "dans les violences physiques crapuleuses" a été notamment de 41,76%.
  
De 1996 à 2003, sur le total des mineurs mis en cause par la police et la gendarmerie, selon les statistiques, "les évolutions les plus préoccupantes" ont concerné les "violences physiques non crapuleuses (+83%) et dans une moindre mesure, les violences sexuelles et les menaces". Pour ce qui est des menaces et extorsions de fonds sur cette même période, près d'une personne sur deux mise en cause est mineure.
 
Des jeunes "profondément immatures"
 
La délinquance des mineurs, écrivent-ils, est une "spécificité urbaine" mais qui est "de moins en moins affirmée". Les garçons ont davantage que les filles un "comportement perturbateur" mais les filles, "avec le temps, adoptent également des comportements violents". Les jeunes posant problème, selon les deux "patrons", semblent "profondément immatures" et, dans leur cas, les "instances traditionnelles de socialisation n'ont pas fonctionné efficacement".
  
Ils évoquent les bandes de jeunes et les émeutes urbaines de 2005  "étroitement liées à la jeunesse", les "mineurs représentant un fort pourcentage des personnes interpellées" durant les troubles. Ils soulignent ensuite "l'action déterminée" police/gendarmerie dans la lutte contre la délinquance des mineurs avec des "personnels spécialisés", des  "dispositifs adaptés" ou, moins connu, écrivent-ils, "l'insertion des jeunes issus des quartiers défavorisés" dans ces deux forces de sécurité.
  
D
étention provisoire 
 
Ces "observations" sur une "maturité délinquante" de plus en plus précoce conduisent à penser qu'une réflexion globale est nécessaire (...) sur la notion  de mineur et les réponses à apporter", écrivent MM. Parayre et Péchenard. Ils trouvent "dommageable qu'en matière correctionnelle, la mise en détention provisoire des mineurs de moins de 16 ans soit proscrite", un chantier cher au président de la République, Nicolas Sarkozy. Ils plaident pour que police et gendarmerie "s'intègrent pleinement dans  les grandes politiques publiques" sur ce sujet dans un esprit "partenarial".

le 01 octobre 2007 à 11:33
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2 Commentaires

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  • Alain, le 01/10/2007 à 17h30

    Plutot que la détention provisoire, il vaudrait mieux un jugement rapide et pas plus de ans après les faits comme on le voit souvent. Quelque soit la sanction , elle n'a plus de valeur aussi logntemps après !

  • Chris, le 01/10/2007 à 13h53

    Ce qui est éloquant c'est cette dérive répressive de notre société qui semble ne plus savoir répondre à sa jeunesse que par la prison. La vraie question a se poser collectivement c'est coment en est on arrivé là et comment peut on inverser les choses. Quand un pays a peur de ses enfants on peut s'interroger sur son futur.

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