© AFPLe dossier de la disparition en 1965 à Paris de l'opposant marocain Medhi Ben Barka connaît un nouveau développement avec la mise en cause par la justice française de cinq Marocains, dont un haut responsable, au moment même où Nicolas Sarkozy est en visite d'Etat de trois jours au Maroc. Le juge Patrick Ramaël, qui instruit ce dossier, a signé cinq mandats internationaux dont l'un visant le chef de la gendarmerie royale. Les personnes visées par ces mandats d'arrêts ont été citées à maintes reprises et de longue date dans ce dossier.
Toutefois, la délivrance des mandats d'arrêts internationaux doit entamer un parcours susceptible de traîner en longueur. Les mandats d'arrêt ont bien été signés par le juge, mais ils n'ont pas été délivrés car ils doivent recevoir le feu vert de la Chancellerie, ce qui n'est pas pour le moment le cas. Pour l'avocat de la famille Ben Barka, c'est une "bonne chose que le juge ait délivré ces mandats d'arrêt internationaux". "Moi-même, représentant la partie civile, et le juge sommes excédés par le lenteur de la justice marocaine sur cette affaire. Cela fait 42 ans que cela dure et il fallait agir", a-t-il estimé.
"Trop de coïncidences"
Ben Barka, leader de l'opposition marocaine en exil et figure emblématique du tiers-mondisme, a disparu le 29 octobre 1965, devant la brasserie Lipp à Paris (VIe), lors d'une opération menée par les services marocains du roi Hassan II avec la complicité de policiers et de truands français. Cette affaire retentissante n'a jamais été totalement élucidée malgré deux instructions judiciaires : le corps de Ben Barka n'a toujours pas été retrouvé et les conditions de sa mort n'ont pas été établies.
Ce nouvel épisode d'une affaire qui avait marqué les débuts de la Ve République survient alors que les signatures de deux contrats entre la France et le Maroc viennent d'être annoncées à l'arrivée de Nicolas Sarkozy au Maroc : la vente d'une frégate polyvalente et un protocole d'accord pour la réalisation d'une ligne de TGV Tanger-Casablanca (lire notre article).
"La justice française est indépendante", a répondu Nicolas Sarkozy aux journalistes qui l'interrogeaient sur ces mandats d'arrêt. Pour sa part, un proche du roi Mohammed VI fraîchement élu député, a relevé la concomitance entre l'annonce des mandats d'arrêt et la visite du chef de l'Etat français : "Il faut chercher la vérité là où elle se trouve et le roi a déjà affirmé que la famille de Ben Barka avait le droit de savoir, mais il faut choisir le timing, et là il y a trop de coïncidences".
D'après agence
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