Un enfant au Soudan/archives © TF1Alors que la polémique continue sur le caractère humanitaire et connu ou non de l'opération de l'association l'Arche de Zoé, la garde à vue des 9 Français et 7 Espagnols arrêtés jeudi au moment d'emmener en France 103 enfants de la région a été prolongée samedi pour 48 heures. On connaîtra donc lundi soir leur sort, leur garde à vue ne pouvant être prolongée plus longtemps.
D'ores et déjà, les autorités tchadiennes, qui accusent l'Arche de Zoé "d'enlèvement d'enfants", ont promis des "sanctions exemplaires". Selon le correspondant de LCI au Tchad, Jocelyn Grange, les autorités discutent de ces sanctions et ont évoqué la possibilité de 20 ans de prison et de travaux forcés. En attendant, les gardés à vue ne sont pas maltraités comme accusent l'Arche de Zoé. Ils sont enfermés non dans une cellule mais dans un salon, avec eau et nourriture, raconte Jocelyn Grange.
Le Tchad était-il au courant
Reste l'enquête sur l'opération en elle-même. Beaucoup d'ombres encore : les 103 enfants sont-ils vraiment orphelins ? L'Unicef notamment affirme que non et est partie vérifier sur le terrain. Sont-ils réellement d'origine soudanaise ? Devaient-ils être adoptés ou évacués temporairement ? Certains ont parlé de sommes d'argent versés par les familles pour recevoir les enfants (jusqu'à 6000 euros).
Le Tchad était-il au courant, comme l'avancent l'Arche de Zoé et un pilote belge ? Et la France ? Rama Yade a redit vendredi que Paris avait été informé le 14 juin et avait tout fait pour empêcher l'opération. Et pouruqoi le Tchad s'intéresse aussi à l'équipage espagnol ? Ceux-ci ne semblaient pas au courant des détails de l'affaire.
Les Soudanais enquêtent |
Les autorités soudanaises ont annoncé dimanche la constitution d'une commission d'enquête officielle sur les enfants. La commission est formée par des représentants des ministères des Affaires étrangères, des Affaires sociales et de l'organisme officiel appelé le Conseil national de l'enfance. La secrétaire générale de cet organisme, Amira el-Fadel, a vivement dénoncé ce qu'elle a qualifié d'opération de "trafic d'enfants", tandis que le ministre de l'Intérieur, Zoubeir Béchir Taha, a remercié le Tchad pour avoir empêché le départ de ces enfants en France. |
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