On apprend le 4 novembre qu’une quinquagénaire handicapée a été grièvement brûlée alors qu’elle tentait de s’enfuir d’un bus attaqué à Sevran dans la nuit du mercredi 2 novembre. © DRLes faits remontent au 2 novembre 2005. Depuis quelques jours des violences urbaines secouent les banlieues. En Seine-saint-Denis, une vingtaine de jeunes encagoulés stoppent un bus à quelques dizaines de mètres de la gare de Sevran-Beaudottes en jetant des poubelles sur sa route, avant de le caillasser et l'incendier. Dans le bus, une femme handicapée de 56 ans, marchant avec des béquilles, glisse sur l'essence répandue dans l'allée. Ses vêtements s'embrasent. Elle sera sortie du véhicule in extremis par le chauffeur.
L'enquête, qui a progressé grâce à plusieurs témoignages sous X faits aux enquêteurs avec la promesse de rester anonymes dans la procédure, a abouti à la mise en cause de quatre jeunes mineurs au moment des faits, dont un a bénéficié d'un non-lieu. Un premier adolescent, soupçonné d'avoir déversé l'essence dans le bus, a été condamné à 4 ans de prison, dont 41 mois avec sursis et mise à l'épreuve. Trop jeune pour être renvoyé devant des assises, il a été jugé le 12 juillet 2007 devant le tribunal pour enfants (TPE) de Bobigny.
La victime n'est pas partie civile
Le procès, qui s'ouvre aujourd'hui, devra déterminer le rôle exact des deux derniers mineurs mis en cause. Tous les deux sont accusés d'avoir jeté le chiffon enflammé qui a provoqué l'embrasement, ce qu'ils nient. Les confrontations et déclarations contradictoires des deux jeunes n'ont pas permis de lever toutes les interrogations. Ils encourent 20 ans de prison pour "dégradations d'un bien par substances incendiaires ayant entraîné une ITT supérieure à huit jours" sur la femme, et "une ITT inférieure à huit jours" sur le chauffeur, brûlé aux mains en extirpant la passagère du bus.
Brûlée au deuxième degré sur 30% de la surface du corps, la passagère victime s'est vu reconnaître une incapacité totale de travail de trois mois. Elle ne s'est pas portée civile et ne devrait pas témoigner. Elle ne s'était pas déplacée lors du procès devant le TPE en juillet. "Elle a fait savoir qu'elle a tourné la page et ne souhaite plus s'exprimer sur cet épisode", a expliqué une source judiciaire. Le procès, prévu pour durer jusqu'à mercredi, se déroulera sous publicité restreinte. Il ne sera pas ouvert à la presse.
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