© TF1/LCIAmor Kaak vit en homme traqué. Il était gérant de snack ; aujourd'hui, il n'a plus de travail, plus d'argent, et doit se cacher pour survivre. Il avait témoigné en janvier 2007 aux assises de l'Isère dans une affaire de règlement de comptes qui avait fait un mort. Depuis, il affirme avoir reçu des menaces. Et il reproche à la justice de n'avoir rien fait pour le protéger.
L'homme avait accepté de témoigner à charge dans l'affaire du meurtre de Lassad Lamiri, tué par balle à Fontaine près de Grenoble en 2003, disant qu'il avait surpris une conversation entre jeunes parlant de préparatifs d'expédition punitive contre la victime. Il s'agissait alors simplement de "lui faire peur", selon les propos entendus par le gérant de snack. Mais l'expédition punitive avait mal tourné et c'est en apprenant, le lendemain dans la presse, la mort de Lassad Lamiri qu'Amor Kaak, malgré sa peur, avait accepté de témoigner. Cinq jeunes Fontainois, qui avaient ensuite comparu dans cette affaire devant la cour d'assises de l'Isère, deux pour meurtre et les trois autres pour complicité, avaient été acquittés, faute de preuves formelles, le 27 janvier 2007. Un mois plus tard, l'un des cinq acquittés avait été abattu d'un coup de fusil, ainsi que deux hommes qui se trouvaient avec lui.
"La loi ne prévoit pas de mesures de protection"
Ironie du sort, le parquet ayant fait appel, l'affaire sera rejugée en 2008 dans un autre département. En attendant la conclusion judiciaire de ce procès, Amor Kaak réclame des comptes à la justice. "Nous allons attaquer l'Etat français en saisissant la garde des Sceaux d'une réclamation de dommages et intérêts, avec copie au président de la République, et si nous n'obtenons pas de réponse dans un délai de deux mois, nous saisirons le tribunal administratif", affirme son avocat, Me Dominique Chambon.
Vivre caché n'est ni acceptable, ni une garantie suffisante pour son client, estime l'avocat. Aussi a-t-il poussé Amor Kaak à faire connaître son histoire, dont il estime qu'elle a valeur d'exemple. "Mon client vit comme un fugitif depuis le début de l'instruction de cette affaire. Nous voulons démontrer qu'en France la loi ne permet pas de protéger et d'aider les témoins qui parlent à visage découvert et exposent leur vie en faisant leur devoir".
Des lacunes que reconnaît Pierre-Marie Cuny, avocat général à la cour d'appel de l'Isère : "Effectivement, la loi ne prévoit pas de mesures de protection, mais comme tout citoyen, cette personne peut solliciter ponctuellement la protection de la police ou de la gendarmerie, sous réserve qu'elle révèle de réelles menaces avec des éléments de preuve. Le fait qu'elle soit témoin n'influe en rien".
D'après agence
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