Le palais de Justice de Nice © TF1/LCINeuf personnes de l'entourage de l'ex-ministre de l'Intérieur Charles Pasqua, dont son fils unique Pierre-Philippe, comparaissent à partir de lundi devant le tribunal correctionnel de Paris, dans une affaire de détournements de fonds au préjudice de la Sofremi dans les années 1990. La Société française d'exportation de matériels, systèmes et services relevant du ministère de l'Intérieur est un organisme dépendant de ce ministère, qui est chargé de vendre des équipements de police à l'étranger, notamment en Afrique. Nombre de contrats qu'elle a signés se seraient doublés de commissions occultes versées à un ou plusieurs intermédiaires. Les faits reprochés aux neuf prévenus, des abus de biens sociaux ou recel, portent sur une période allant de 1993 à 1995, quand Charles Pasqua était ministre de l'Intérieur.
Le juge d'instruction Philippe Courroye avait clôturé en mars 2005 cette enquête ouverte en février 2001 en marge de l'affaire des ventes d'armes vers l'Angola. Charles Pasqua n'a pas été renvoyé en correctionnelle car le juge Courroye s'est dessaisi au profit de la Cour de justice de la République, seule juridiction habilitée à enquêter et à juger des faits délictueux commis par un ministre dans l'exercice de ses fonctions. L'ancien ministre d'Etat est mis en examen par les magistrats de la CJR dans cette affaire depuis octobre 2004.
Le fils Pasqua aurait "négocié" son retour en France
Parmi les sommes détournées, qui transitaient généralement par un proche de Charles Pasqua (Etienne Léandri aujourd'hui décédé), selon l'accusation, 15 millions de francs auraient été destinés à l'homme d'affaires Pierre Falcone, un des prévenus, qui agissait comme consultant pour des marchés en Amérique du Sud. Sur ce montant, plus de 9,8 millions de francs ont été reversés sous forme de rétro commissions à Pierre-Philippe Pasqua, selon les enquêteurs.
Le fils de l'ancien ministre va comparaître devant la 12e chambre correctionnelle au terme d'un spectaculaire revirement. Alors qu'il était réfugié en Tunisie depuis 2000, visé par un mandat d'arrêt international, il est rentré en France le 28 septembre pour être placé sous contrôle judiciaire. Selon des sources proches du dossier, il aurait "négocié" son retour en France afin de pouvoir comparaître libre dans deux affaires. Avant ce procès (qui doit durer jusqu'au 24 octobre), il a été jugé jeudi en appel dans une affaire de pots-de-vin extorqués en 1994 à la société Alstom. 18 mois de prison avec sursis ont été requis.
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