© AFPSedighe Modjarevi est morte le 19 juin 2003, après s'être immolée par le feu devant le siège de la DST à Paris. Deux Iraniens comparaissent aujourd'hui devant le tribunal correctionnel de Paris. Ils sont soupçonnés d'avoir encouragé au suicide cette militante de l'Organisation des Moudjahidine du peuple iranien (OMPI, opposants). Mahmood Aalami, 55 ans, et Hossein Amini Gholipour, 51 ans, avaient déjà été renvoyés devant la justice en 2006 pour "provocation au suicide", mais le juge d'instruction en charge de ce dossier avait délivré un non-lieu. Toutefois, le parquet avait fait appel et obtenu gain de cause.
Filmés avec un jerricane
La manifestation avait eu lieu le 18 juin 2003 au lendemain d'un vaste coup de filet au siège de l'OMPI à Auvers-sur-Oise (Val-d'Oise) qui s'était notamment traduit par le placement en garde à vue à la DST de Maryam Radjavi, la présidente du Conseil national de la résistance iranienne - vitrine de l'OMPI. L'opération policière avait été considérée par les opposants iraniens comme un signe d'allégeance de Paris à Téhéran.
A proximité des lieux de la manifestation, dans le XVe arrondissement, MM. Aalami et Amini Gholipour avaient été filmés dans une station-service en train d'acheter un jerrican vide puis de l'essence. D'après l'accusation, ils auraient ensuite remis le bidon à Sedighe Modjarevi, la victime, ce qu'ils ont nié en affirmant qu'ils dépannaient le véhicule en panne d'un autre Iranien. Initialement, M. Amini Gholipour était également soupçonné d'avoir empêché des policiers d'intervenir au moment où Mme Modjarevi brûlait au milieu de la chaussée. Mais sur ce point l'ordonnance de non-lieu du magistrat instructeur a été confirmée en appel.
"Plutôt mourir que d'être expulsées vers l'Iran"
Lors de l'audience devant la 16e chambre correctionnelle, l'avocat des deux prévenus, Me Joseph Cohen-Sabban, devrait plaider la nullité des poursuites, estimant qu'il n'y a pas eu incitation au suicide. Les deux personnes, qui ont survécu à leur immolation le 18 juin 2003, devraient témoigner à l'audience que personne n'a décidé à leur place de ce geste et qu'elles "préfèrent mourir comme ça plutôt que d'être expulsées vers l'Iran", a ajouté Me Cohen-Sabban.
L'avocat a précisé avoir également fait citer comme témoins Yves Bonnet, ex-patron de la DST (1982-85), et Alain Vivien, ancien secrétaire d'Etat socialiste qui milite pour que l'OMPI ne soit plus considérée comme une organisation terroriste. Elle l'est actuellement à la fois selon les critères de l'Union européenne et des Etats-Unis.
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