Image d'archives © TF1Elle parle de "rendez-vous galants entre adultes consentants", de "service" plutôt que de "passe" mais c'est pour proxénétisme qu'elle comparaît vendredi. Elle, c'est "Madame Agnès", une ancienne prostituée de luxe à la clientèle fortunée, soupçonnée d'avoir fait travailler d'autres filles. Elle risque sept ans de prison et 150.000 euros d'amende.
Tout commence il y a plus de quatre ans. La jeune femme est commerciale, dans l'immobilier, puis dans le transport. A l'occasion, elle arrondit ses fins de mois comme hôtesse, puis strip-teaseuse. Ancienne miss-Guyenne, la belle brune est grande, élancée. Elle plaît. Lors d'un enterrement de vie de garçon, on lui propose d'aller plus loin. Contre de l'argent, s'entend. Le bouche-à-oreille fonctionne dans la cité girondine. Son numéro de téléphone circule dans les plus hautes sphères bordelaises.
"Je ne suis pas Madame Claude"
Ses clients ? Des hommes d'affaires, des médecins, des journalistes, des footballeurs. "J'ai reçu la haute société, les grandes cravates lustrées", se souvient aujourd'hui dans Sud Ouest, la jeune femme de 35 ans. Au total, une quarantaine de noms apparaissent dans le dossier. Selon Libération, Me Arnaud Dupin, l'avocat de "Madame Agnès" évoque à demi-mot des coups de fils angoissés pour tenter de passer entre les mailles du scandale.
Les services de "Madame Agnès" se monnayent jusqu'à 2000 euros. Au gré des fantasmes de ces hommes, d'autres filles entrent en jeu. "Des filles comme elle, prêtes à rencontrer un client contre rémunération, raconte à Libération son avocat. Rien à voir avec une organisation de réseau ; on ne parle pas d'une mère maquerelle dirigeant la vie des autres." "Je ne suis pas Madame Claude, insiste Agnès. Je n'ai exploité personne !"
Les enquêteurs tombent sur elle par hasard en mettant sur écoute un de ses clients impliqué dans un trafic de voitures. En février 2005, "Madame Agnès" est mise en examen puis placée en détention provisoire. "Ça a été l'enfer", dit-elle des deux mois passés en maison d'arrêt. Depuis, elle est "passée à autre chose" et ne comprend pas pourquoi on l'accuse : "Je ne suis pas une proxo, je n'ai forcé personne. Madame Agnès est aujourd'hui bien décidée à finir avec cette histoire et de mettre les points sur les "i" par rapport à certaines personnes.
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