Le juge Bernard Borrel © TF1-LCI/DRAprès la Chancellerie et les perquisitions avortées à l'Elysée (lire notre article), c'est au tour du Quai d'Orsay d'être mis en cause dans l'affaire Borrel, ce juge retrouvé mort à Djibouti en 1995. Un document saisi en avril dernier lors d'une perquisition au ministère des Affaires étrangères attesterait de l'existence de pressions sur la justice française, selon Le Figaro.
Le Quai d'Orsay aurait demandé au parquet de faire une "déclaration mettant hors de cause les autorités de Djibouti", écrit le quotidien. Le Figaro précise que cette note, actuellement entre les mains des juges en charge du volet 'pressions sur la justice' de l'affaire a été "rédigée le 21 avril 2004 par Pierre Vimont, à l'époque directeur du cabinet du ministre des Affaires étrangères".
Corps à demi-calciné
Selon le journal, la note était destinée au ministre de l'époque, Michel Barnier, avant une rencontre avec Jacques Chirac. Dans ce document, Pierre Vimont y écrivait au paragraphe 'Djibouti' : "Faute d'avoir obtenu un accord de la part du parquet pour que ce dernier fasse une déclaration exonérant les autorités de Djibouti de toute implication dans l'assassinat du juge Borrel, le Quai d'Orsay s'est associé à la Défense pour rédiger un communiqué très ferme".
Le Figaro rappelle que le 20 avril 2004, un communiqué mettait hors de cause le pouvoir djiboutien. La note citée par Le Figaro se poursuit par ce commentaire : "vous pourriez indiquer au Président que la situation a donc été rétablie conformément à son souhait". Pour le journal, "d'autres notes, déjà rendues publiques, montraient l'embarras suscité par ce dossier entre Paris et Djibouti". Le juge Bernard Borrel avait été retrouvé mort, le corps à demi-calciné, en 1995. Djibouti a conclu à un suicide mais l'enquête française privilégie la thèse d'un assassinat.
"Faire avancer la recherche de la vérité" |
Le fils de l'opposant marocain s'est félicité mardi de la mise en cause par la justice française de cinq Marocains. "Ce qu'on espère, au-delà de cette décision du juge, de ces mandats, c'est que cette visite du président Sarkozy puisse déboucher sur une volonté commune des deux chefs d'Etat pour faire avancer la recherche de la vérité", a déclaré Bechir Ben Barka sur France Inter. Les personnes mises en cause par la justice française "sont les derniers témoins vivants au Maroc qui peuvent apporter des informations sur le sort de mon père", a-t-il ajouté. "Ils occupent aujourd'hui des postes très importants dans la hiérarchie sécuritaire marocaine. A l'époque, ils étaient moins élevés dans la hiérarchie mais ils étaient présents pour certains d'entre-eux sur le terrain, soit pour la préparation de la disparition de mon père, soit au moment de sa disparition", a ajouté Bechir Ben Barka. |
D'après agence
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