Queen Mary 2: les survivants racontent leur "vie fracassée"

Par , le 15 octobre 2007 à 16h04 , mis à jour le 15 octobre 2007 à 16h16

Survivants et proches de victimes de la catastrophe du Queen Mary 2 ont témoigné lundi à la barre des "mutilations psychiques" dont ils souffrent toujours.

Le paquebot Queen Mary 2Le paquebot Queen Mary 2 © TF1/LCI

"J'aurais préféré mourir ce jour-là...", lâche, dans un sanglot, une victime en sortant de la salle d'audience où une quinzaine de survivants et de proches ont raconté ce funeste 15 novembre 2003. Ce jour-là, 45 personnes s'apprêtaient à monter à bord de l'immense paquebot  lorsque la passerelle d'accès s'est effondrée d'une hauteur de 18 mètres dans la cale sèche des Chantiers de l'Atlantique. 16 d'entre elles sont décédées, 29 ont été blessées.
  
"Leur vie personnelle a été fracassée avec des mutilations psychiques qui ne pourront pas être réparées", a résumé à la barre le professeur Ronan Orio, psychiatre spécialisé dans les interventions sur les catastrophes. Pour lui, ces séquelles peuvent être comparées à la "névrose traumatique" des survivants des  champs de bataille.

"Enterrée vivante"
  
L'une des blessées, Marlène Cassard, qui a perdu dans l'accident son mari,  son frère et trois amis qu'ils avaient invités, explique vivre depuis comme "une enterrée vivante". "Les nuits sont insupportables. Toutes les nuits je tombe, je me débats pour éviter les barres de fer", raconte-t-elle, en référence à sa chute au milieu des éléments métalliques de la passerelle. "J'ai l'impression que je vais devoir vivre avec ça tout le reste de ma  vie", lâche ensuite, les larmes aux yeux, un autre blessé, Loïc Morin, le patron de la société de nettoyage MSNI, dont 8 des 24 salariés présents sur la  passerelle ont été tués.
  
Pour lui comme pour les autres proches de victimes, ce sont des familles entières qui subissent les conséquences psychiques du drame, comme cette adolescente de 14 ans qui a perdu sa mère dans l'accident et a tenté deux mois après de se suicider pour la rejoindre. Pendant ces témoignages, les prévenus -- Endel, constructeur de la  passerelle, les Chantiers de l'Atlantique, constructeur du paquebot, ainsi que  huit de leurs salariés qui comparaissent pour "homicides et blessures  involontaires" -- ont gardé la tête baissée. Les premières plaidoiries des avocats des 130 parties civiles ont débuté lundi après-midi. Le procès doit se terminer le 23 octobre et son jugement mis en délibéré.
 

Par Alexandra Guillet le 15 octobre 2007 à 16:04
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