Un enfant au Soudan/archives © TF1
Le HCR au Tchad : "Les enfants vont bien"
Au lendemain de l'arrestation au Tchad de neuf Français qui s'apprêtaient à évacuer 103 enfants vers la France au prétexte de "les sauver d'une mort certaine" et de les faire accueillir par des familles françaises, la polémique ne cesse d'enfler. Dernières réactions en date, celle du président tchadien en personne et de Rama Yade. Idriss Deby a accusé l'ONG Arche de Zoé d'avoir perpétré "un enlèvement pur et simple" de ces enfants et rejette la thèse de l'opération humanitaire.
Rama Yade, la secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères et aux droits de l'Homme, a quant à elle redit sur LCI (voir la vidéo) et sur France 2 vendredi soir que Paris avait appris ce projet le 14 juin, avait alors "fortement déconseillé" à l'Arche de Zoé "de le faire" et "pris toutes les précautions nécessaires". "Ils ont mené cette opération dans la plus grande des clandestinités, ils n'ont prévenu personne", a-t-elle martelé, indiquant qu'on ne savait toujours pas "quelle était leur situation familiale" de ces enfants.
Dans la matinée, sur le plateau de LCI, le président d'Unicef France avait expliqué que ces enfants, âgés en moyenne de 4-5 ans étaient "loin d'être orphelins", ce qu'affirme l'association à l'origine de cette tentative d'évacuation. (Regarder son interview). "On va aller sur le terrain" pour "essayer de retrouver leurs familles", a assuré Jacques Hintzy, sur France 2 cette fois. Pour cet homme qui ne mâche pas ses mots, cette "affaire aberrante, illégale et insupportable", ressemble à du trafic d'enfants", violant "toutes les règles internationales". La justice française s'était saisie de l'affaire dès cet été. (Lire notre article)
Un revirement des autorités ?
Vendredi toujours, le gouvernement tchadien a annoncé qu'il sanctionnera "sévèrement" les responsables de cette opération. L'un d'eux affirme pour sa part que l'arrestation des neuf Français est due à un "revirement des autorités tchadiennes". Une centaine de personnes se sont rassemblées vendredi soir devant l'ambassade du Tchad à Paris en soutien aux Français arrêtés. Là-bas, un responsable local de l'ONU assure que l'association l'Arche de Zoé n'a jamais été enregistrée au Soudan et de nombreuses mises en garde avaient été émises.
Une source diplomatique française à Khartoum confirme avoir connu le projet de l'Arche de Zoé dès le printemps, et avoir immédiatement mis en garde institutions internationales et ONG humanitaires, en particulier françaises. Et l'association d'adoption "Enfance et Familles d'adoption" (EFA) affirme avoir elle aussi "alerté" le ministère des Affaires étrangères après avoir reçu en mai des messages sur son forum internet de l'Arche de Zoé évoquant des "adoptions" possibles d'enfants du Darfour. Selon des sources concordantes, le président de l'organisation, Eric Breteau, a été entendu en août par la brigade de protection des mineurs dans le cadre d'une enquête sur un éventuel rôle d'intermédiaire.
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