© AFP/ALAIN JOCARDVéronique Courjault, soupçonnée d'un triple infanticide, attendra son jugement derrière les barreaux. La chambre de l'instruction de la cour d'appel d'Orléans a rejeté ce lundi sa demande de remise en liberté. Une demande qui entre dans le cadre du débat obligatoire après un an d'emprisonnement pour savoir si la personne est toujours maintenue en détention provisoire, et qui avait été examinée jeudi par les magistrats réunis à huis clos en présence de Véronique Courjault et de son avocate Me Hélène Delhommais.
L'avocate qui n'a pas souhaité "commenter une décision de justice" avait expliqué jeudi que "Madame Courjault est très amaigrie. Elle a perdu 8 kg en quelques semaines et elle souffre beaucoup de sa détention, notamment de la séparation de ses enfants". L'avocate générale Elisabeth Gayet s'était opposée, pour sa part, à la remise en liberté de l'accusée. Le juge d'instruction attend toujours le compte rendu de deux contre-expertises réalisées par un psychologue et un psychiatre.
"Revoir mes enfants dans un cadre plus serein"
Véronique Courjault a été mise en examen le 12 octobre 2006 pour "assassinats" après avoir avoué trois infanticides : ceux de deux bébés nés en septembre 2002 et décembre 2003 alors que le couple habitait Séoul, et celui d'un nouveau-né mis au monde clandestinement au cours de l'été 1999 en France. Son mari Jean-Louis, qui avait découvert les corps des deux bébés congelés à Séoul, a été mis en examen pour "complicité d'assassinat" et laissé en liberté.
La demande de remise en liberté de Véronique Courjault faisait suite à une première requête en ce sens, qui avait déjà été refusée par le juge des libertés et de la détention. "Je suis consciente de ce que j'ai fait. Je retournerais (en cas de remise en liberté) dans ma maison, cela me permettrait de revoir mes enfants dans un cadre plus serein", avait plaidé l'accusée au moment de cette nouvelle demande.
Actuellement, ses deux garçons de 9 et 11 ans viennent la voir tous les 15 jours, de Souvigny-de-Touraine, près de Tours, où ils habitent avec leur père. Selon son avocate, remise en liberté, Véronique Courjault aurait pu "entamer des soins adaptés qui sont la clef dans ce dossier. Ce n'est pas une criminelle de droit commun. Elle s'est retrouvée dans un problème avec elle-même".
D'après agence
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