800.000 euros d'amende pour une faute médicale

le 15 novembre 2007 à 18h36 , mis à jour le 15 novembre 2007 à 19h01

A la suite de biopsies de la prostate, le patient était resté 5 semaines dans le coma. Depuis, il est dépendant des services d'une aide familiale.

Hopital médecin chirurgien © DR

Un urologue et l'établissement ardéchois dans lequel il exerce ont été condamnés par le tribunal de Paris à verser près de 800.000 euros à un patient victime d'une infection et à la Sécurité sociale, à la suite d'une faute professionnelle.

Les faits remontent à 1999. Après que son médecin généraliste eut constaté une anomalie dans son bilan sanguin, un homme alors âgé de 57 ans était allé consulter un urologue. Afin d'en savoir plus sur son état de santé, le praticien avait procédé à des biopsies de la prostate, consistant en des prélèvements de tissu prostatique. Mais deux jours plus tard, le patient avait présenté de la fièvre et des frissons et avait dû être hospitalisé en urgence. Trois jours après être rentré chez lui, il avait dû être de nouveau transféré d'urgence à l'hôpital, où il était resté dans le coma durant 5 semaines. Depuis, il a besoin d'une aide familiale, plusieurs heures par jour, pour faire sa toilette, s'habiller, prendre ses repas, aller aux toilettes et l'accompagner à ses séances de rééducation.

Des soins "pas conformes aux principes de prévention"

Les experts mandatés par la 1ère chambre civile du tribunal de Paris ont estimé que "les soins apportés n'étaient pas conformes aux principes recommandés de prévention de l'infection avant un geste septique". Ils ont considéré notamment que l'urologue aurait dû, avant la biopsie, réaliser un examen bactériologique de l'urine et mettre en place une prophylaxie à base d'antibiotiques.

Dans un jugement rendu lundi, le tribunal a conclu que "les fautes" de l'urologue étaient bien "à l'origine de l'infection" nosocomiale contractée par le patient. A ce titre, il a condamné solidairement le médecin et l'établissement médical à payer 610.000 euros de dommages et intérêts au patient, ainsi qu'une rente trimestrielle de 11.300 euros pour payer son aide familiale. Ils devront également verser 20.000 euros en réparation du préjudice subi par son épouse et 130.000 euros à la Caisse primaire d'assurance maladie.

D'après agence

Un chirurgien esthétique condamné à payer 100.000 euros

Un chirurgien esthétique a été condamné à Paris à payer près de 100.000 euros de dommages et intérêts à une patiente, pour ne pas lui avoir fourni le suivi médical adéquat à l'issue de sa plastie abdominale en 2001. La plastie abdominale ou abdominoplastie vise à réparer les disgrâces causées par de grandes variations de poids. Cette opération, assortie d'une lipoaspiration des hanches, a provoqué chez la patiente une perforation de l'intestin grêle et du colon. Complications qui quelques jours plus tard l'ont fait sombrer dans le coma et ont nécessité quatre autres interventions. S'ils n'ont pas relevé de faute chirurgicale, les experts ont considéré que le chirurgien n'a pas réagi avec suffisamment de diligence, ce qui "constitue une faute évidente à l'origine de l'évolution ultérieure de l'état" de la patiente.

le 15 novembre 2007 à 18:36
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