Perquisition au siège de l'agence Capa dans le cadre de l'affaire de l'Arche de Zoé, le 9 novembre 2007 © TF1-LCIIls sont restés une heure et quart et sont repartis. Sans rien. Une perquisition a été menée vendredi midi dans le 15e arrondissement à Paris, au siège de l'agence de production Capa dont un journaliste, Marc Garmirian, a suivi l'équipée tchadienne. En l'absence du directeur de Capa, la directrice générale adjointe a reçu les visiteurs qui recherchaient les cassettes et les rushes tournés par les journalistes avant et pendant l'opération menée par l'Arche de Zoé au Tchad.
Mais l'agence et son journaliste Marc Garmirian ont refusé de les leur donner. Motifs : légalement, ils sont, ont-ils argumenté, autorisés "à ne pas remettre les rushes dès lors que ceux-ci peuvent et doivent être considérés comme des sources, ou des informations permettant d'identifier des sources". Pour eux, "communiquer les rushes (...) ne pourrait que conduire à ruiner la crédibilité des journalistes". Ils ont également mis l'accent sur le fait que "la sécurité même de certains témoins rencontrés par Marc Garmirian serait susceptible d'être mise en péril".
La perquisition était réalisée dans le cadre de l'information judiciaire ouverte dans l'affaire de l'Arche de Zoé pour "exercice illégal de l'activité d'intermédiaire en vue d'adoption". Après leur retour en France dimanche soir, les trois journalistes français libérés, mais toujours inculpés au Tchad pour complicité dans l'affaire de l'Arche de Zoé, ont été entendus mardi par la brigade des mineurs.
Les Espagnols libérés
Par ailleurs, les trois membres d'équipage espagnols encore détenus au Tchad pour complicité dans cette affaire ont été libérés vendredi à la mi-journée, selon les journalistes de l'AFP et de Reuters sur place. "Nous sommes très contents et surtout soulagés", ont-ils déclaré à la presse en arrivant au palais de justice où ils devaient récupérer leurs effets personnels. Ils doivent être rapatriés dans l'avion du secrétaire d'Etat espagnol aux Affaires étrangères, Bernardino Leon. Son appareil a fait dans un premier temps escale au Niger, "d'un commun accord" avec les autorités tchadiennes, a indiqué l'Espagne. Les autorités tchadiennes ne souhaitaient pas que l'appareil atterrisse au Tchad avant la décision officielle de la justice tchadienne.
Quatre hôtesses de l'air espagnoles avaient déjà été libérées dimanche avec trois journalistes français. Le pilote belge, hospitalisé depuis jeudi soir à la suite d'un malaise, devrait être évacué en Belgique à bord d'un avion médicalisé affrété par son fils, présent au Tchad, selon des sources judiciaires. Quatre Tchadiens et les six membres français de l'ONG l'Arche de Zoé restent détenus à N'Djamena pour enlèvement et escroquerie après avoir tenté de faire sortir du Tchad 103 enfants âgés d'un à dix ans qu'ils présentaient comme des orphelins du Darfour. L'Unicef a annoncé vendredi que la quasi-totalité de ces 103 enfants avaient été identifiés (la plupart sont tchadiens) mais que leur réunion avec les familles prendrait encore plusieurs semaines car des équipes vont se rendre dans les différents villages de la région pour s'assurer que ces enfants ont bien des proches pour les prendre en charge.
(D'après agence)
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