Des magistrats et avocats manifestent à Guingamp le 29 novembre 2007 © TF1/LCIMagistrats, avocats et personnels de justice se sont rassemblés par milliers jeudi pour protester contre la réforme de la carte judiciaire qui prévoit la suppression de plus de 300 juridictions d'ici à 2011. Manifestants la corde au cou à Paris, pique-niquant devant le tribunal à Toulouse, occupant les lieux à Marmande, Saint-Gaudens ou Charleville, en opération ville morte à Guingamp : la journée d'action à l'initiative des principales organisations du monde judiciaire a aussi été marquée par de nombreux renvois d'audience. A Paris, plusieurs centaines de personnes ont défilé. Dans le cortège, pancartes et autocollants arborés par les manifestants proclamaient "Touche pas à mon tribunal". Paul-Albert Iweins, président du Conseil national des barreaux, a souligné que les professionnels "ont besoin de plus de considération" de la part de la Chancellerie.
A Strasbourg, environ 150 personnes se sont rassemblées sur les marches du palais de justice. Au nom de l'Union syndicale des magistrats, Franck Walgenwitz, vice-procureur, a dénoncé la réforme. "Au mieux c'est un coup d'épée dans l'eau, au pire, elle sera contre-productive", a-t-il dit. A Toulouse et Bordeaux, les manifestants étaient plusieurs centaines, comme devant la cour d'appel de Lyon. "On se rend compte avec cette carte qu'on fait une justice de pauvres qui est une pauvre justice", a dit à Lyon le magistrat Etienne Rigal.
Le tribunal occupé
A Saint-Gaudens, en Haute Garonne, huit avocats, deux greffiers et deux huissiers du tribunal de la ville ont occupé les locaux du tribunal menacé de fermeture. Les 16 avocats du barreau de Marmande, dans le Lot-et-Garonne, ont également décidé mercredi d'occuper jour et nuit le tribunal de la ville, appelé à disparaître. "Nous avons décidé d'agir ainsi pour demander à Rachida Dati de venir sur place se rendre compte", a dit le bâtonnier Vincent Dupouy. Mobilisés activement depuis six semaines, les avocats de Châteauroux ont eux envoyé une délégation à Paris pour demander à rencontrer le président Nicolas Sarkozy. Selon la chancellerie, 19,84% des greffiers et fonctionnaires des services judiciaires étaient en grève jeudi.
Menée par la ministre de la Justice Rachida Dati, la réforme de la carte judiciaire prévoit la suppression d'ici à 2011 de plus de 300 juridictions jugées trop petites, 178 tribunaux d'instance, 23 tribunaux de grande instance, 55 tribunaux de commerce et 63 conseils de prud'hommes. La ministre explique sa démarche par la nécessité de rationaliser une répartition des juridictions qualifiée d'obsolète, car inchangée depuis 1958. Mais pour les opposants à cette réforme, celle-ci risque d'aggraver la situation des petites villes et touche, disent-ils, les juridictions les plus proches des citoyens et qui fonctionnent le plus rapidement et le mieux. Ils soulignent également qu'aucune ouverture de juridiction nouvelle importante n'est prévue malgré les 20 millions de Français de plus qu'en 1958.
Hollande pour une commission d'enquête parlementaire |
Le premier secrétaire du Parti socialiste, François Hollande, a demandé jeudi la mise en place d'une commission d'enquête parlementaire sur la réforme de la carte judiciaire pour aboutir à un respect des "deux principes de proximité et de qualité de la justice". François Hollande est venu apporter son soutien au rassemblement des professionnels judiciaires près du ministère de la Justice à Paris. "Cette réforme que tout le monde attend est tellement mal engagée, mal préparée, mal concertée, mal justifiée qu'elle est devenue un sujet de contestation générale", a déclaré François Hollande. Le maire de Tulle, dont le tribunal de grande instance fait partie des TGI supprimés, a demandé "que cette réforme soit transmise à une commission parlementaire afin qu'un travail soit mené pour aboutir à une carte qui respecte les deux principes de proximité et de qualité de la justice". |
(D'après agence)
Retour MYTF1
Chargement en cours...




