Carte judiciaire : Dati persévère, la fronde aussi

Par D.H. (avec agence), le 10 novembre 2007 à 15h31 , mis à jour le 10 novembre 2007 à 20h33

A Montpellier et Toulouse, où elle est venue sous les huées, la ministre de la Justice a annoncé samedi la suppression de nombreux tribunaux dans le sud.

DatiLa garde des Sceaux, Rachida Dati, à Montpellier, le 10 novembre 2007 © TF1-LCI

"Rachida si tu savais ta réforme où on s'la met"... C'est sous les cris, les sifflets et les coups de corne de brume de quelques 400 manifestants du milieu judiciaire que la garde des Sceaux, Rachida Dati, est arrivée samedi à Montpellier, après la Bretagne vendredi. Certains conseillers prud'homaux avaient même fait le déplacement depuis des départements voisins.
 
Poursuivant son délicat tour de France pour présenter sa réforme de la carte judiciaire et rencontrer ses acteurs, la ministre de la Justice était venue annoncer la suppression de 19 tribunaux d'instance et de 9 tribunaux de commerce dans le sud de la France. La zone couvre 12 départements. Le tribunal de grande instance de Millau, dans l'Aveyron, deviendra en outre tribunal d'instance, gardant toutefois les contentieux concernant les affaires familiales. En revanche, Pertuis, dans le Vaucluse, devient tribunal d'instance ainsi qu'Annonay et Aubenas, dans l'Ardèche, et Manosque, dans les Alpes-de-Haute-Provence. A Mende sera, en outre, créé un tribunal de commerce. Dans le sud de la France, la réforme doit se mettre progressivement en place à partir de l'an prochain et être étalée sur 3 ans.
 
Grogne aussi à Toulouse et déjà à Tulle

"C'est un scandale, c'est la fin de la justice de proximité", a répondu la présidente de l'Union des jeunes avocats de Montpellier, qui avait déjà dénoncé l'absence de concertation de la part de la ministre. "J'entends les inquiétudes, je comprends les traumatismes, s'est défendue la garde des Sceaux. C'est traumatisant, certes, surtout que la justice n'a pas changé depuis 1958. Mais une réforme, vous la faites ou vous ne la faites pas".

Même scénario dans l'après-midi à Toulouse : quelque 200 avocats, magistrats et élus ont manifesté devant la cour d'appel leur opposition à la réforme et dénoncé en particulier la suppression du TGI et du tribunal de commerce de Saint-Gaudens, en Haute-Garonne. Car la ministre était venue là aussi annoncer la fermeture de 2 TGI, 9 tribunaux d'instance et 3 tribunaux de commerce pour les ressorts des cours d'appel de Toulouse et d'Agen, alors qu'"on est normalement en concertation", a dénoncé l'ex-bâtonnière de Saint-Gaudens.

Les avocats dénoncent le manque de concertation et une "logique d'économie" et non "pas une logique de meilleure justice" dans la réforme proposée. Des avocats occupent depuis vendredi soir le palais de justice de Tulle pour protester contre la menace de fermeture du TGI du chef lieu de la Corrèze. Ils comptent rester mobilisés jusqu'à lundi, date à laquelle Rachida Dati doit annoncer à Poitiers la nouvelle carte judiciaire de la région. La ministre doit faire face aussi, à l'Assemblée nationale, à la fronde d'élus de son propre camp, des députés UMP ayant menacé de voter contre le budget de la Justice.

Par D.H. (avec agence) le 10 novembre 2007 à 15:31
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17 Commentaires

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  • Xavier, le 10/11/2007 à 20h51

    Qui peut soutenir la suppression d'une centaine de tribunaux dans toute la france??????????????????????? cest sur cest comme ca que la justice sera plus rapide et efficace!!!!

  • Patrice DUPONCHELLE, le 10/11/2007 à 20h50

    Bâtonnier d'un TGI supprimé ABBEVILLE j'ai vécu celà comme mes confrères comme une profonde injustice.Mme DATI ne sait que répéter qu'il faut réformer parce que celà n'a pas été fait depuis 1958 à quand une réforme des départements qui remontent à la révolution . Certains départements comme en Picardie le département de l'Aisne conserve trois tribunaux alors que le département de la Somme dont la population est supérieure après les suppressions d'Abbeville et de Péronne n'en gardera qu'un .Il est vrai que le département de la Somme n'a pas la chance de compter de ministre en exercice . La colère monte tout n'est pas perdu il faut continuer à se battre.

  • Corinne, le 10/11/2007 à 19h29

    Je travaille dans un cabinet d'avocat qui n'est pas concerné directement par la fermeture de son tribunal, ni de grande instance, ni d'instance, ni commerce, ni prudhommes. Cependant, quoi que vous pensiez, la JUSTICE EST LENTE, entre 3 à 5 ans pour une affaire au fond, des dizaines de renvoi d'audience au Commerce ... On bosse comme des mules afin de faire avancer le schmilblick, alors sincèrement, fermer des tribunaux, licencier ou transférer des personnels (qui ne sont pas tous, comme vous le prétendez des gros ventres,il y a aussi des smicards, des mères de familles, ...) n'aboutira qu'à peu chose, augmenter le chômage, mettre la justice au point mort ... Vous qui aujourd'hui encore applaudissez la femme de paille de SARKO, peut-être qu'un jour aussi, vous aurez besoin de la justice et quand on vous dira d'aller aux audiences à 100 bornes de chez vous ou alors quand la décision judiciaire sera rendue, 10 années au moins se seront écoulées. Pensez-y !

  • Henri, le 10/11/2007 à 19h05

    Permettez - moi de rire , quand pour justifier l'opposition à la réforme et donc à la fermeture de certains tribunaux on évoque la justice de proximité. Il est vrai que chaque citoyen se rend tous les jours au tribunal ... certains ne vont même pas au boulot , ALORS!!!

  • Guy LAZZARONI, le 10/11/2007 à 18h57

    Qu'on supprime des boulangeries, ou on se rend tous les jours pour avoir du pain frais, des boucheries ou des épiceries ou on se rend une à deux fois par semaines pour ses courses, je comprend que cela puisse rendre grincheux. Mais quand même des tribunaux, le commun des mortels comme vous et moi ne s'y rend pas tous les matins ! Et tous ces tribunaux il faut les entretenir, les batiments, la toiture, l'eau, l'électricité, .... et tous les fonctionnaires qui vont avec ! Qui paye tout ça ? Le contribuable bien sûr ! L'auriez-vous oublié ? Il y a certainement des économies à faire, et les faire et un DEVOIR. alors bravo Mme DATI, et ne vous laissez pas intimider par une bande de miniritaire qui ne pense qu'à leurs privilèges. Guy Saint Martin.

  • Wanda, le 10/11/2007 à 17h43

    Comment soutenir un régime qui ne connait que la brutalité et l'absence de concertation? Les collectivités locales, ou les syndicats, sont mis devant le fait accompli: c'est comme ça et il n'y a rien a discuter... La seule consolation c'est de se dire que le sarkozysme n'aura qu'un temps, et ce qu'une loi a fait, une autre loi pourra le défaire. En principe, c'est un raisonnement de droite, je me souviens de Devedjian éructant contre le tramway de Delanoë: "Dès qu'on aura repris la mairie, on démolira ce tramway!!!" Evidemment, ça marche dans l'autre sens aussi.

  • Hubert, le 10/11/2007 à 17h40

    Je suis concerné par ces supressions et je suis vraiment contre cela

  • Carisa, le 10/11/2007 à 17h38

    La france a besoin de se moderniser;incroyable personne ne veut faire d'efforts il faut absolument perseverer;courage;surtout ,ne baissez pas les bras mme dati

  • Nicolas, le 10/11/2007 à 17h24

    Vive la recentralisation... il faut bien récupérer l'argent des cadeaux fiscaux fait aux plus riches...

  • Daniel, le 10/11/2007 à 17h16

    Il faut supprimer des tribunaux mais pas le mien. Il faut faire des réformes mais pas chez moi. Il faut, il faut; mais on a toujours faux en France.

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