Claude Guéant convoqué au procès d'Yvan Colonna

Par Alexandra GUILLET (avec agences), le 12 novembre 2007 à 15h21 , mis à jour le 12 novembre 2007 à 15h29

Au premier jour du procès de l'assassin présumé du préfet Erignac, la Justice a demandé au secrétaire général de l'Elysée de venir témoigner.

TF1/LCI Claude Guéant annonce la liste des ministres du gouvernement Fillon Claude Guéant annonce la liste des ministres du gouvernement Fillon © TF1/LCI

Le procès d'Yvan Colonna, assassin présumé du préfet de Corse Claude Erignac en 1998, s'est ouvert ce lundi à 10 heures devant la cour d'assises spéciale de Paris. Vêtu de noir, pâle, le berger de Cargèse a répondu depuis le box des accusés à l'interrogatoire d'identité formel. Arrêté en juillet 2003 en Corse après quatre ans de cavale dans le maquis, le nationaliste se dit innocent et assure que la justice a fabriqué le dossier à son encontre. Il devrait s'exprimer pour la première fois mercredi, mais il est possible qu'il soit également entendu avant la fin de la journée.
 
Guéant convoqué
 
Passées les présentations, le président de la cour, Dominique Coujard, a entamé la longue procédure d'appel de la centaine de témoins, leur fixant des rendez-vous pour le mois d'audience. Parmi les temps forts attendus de l'audience, les trois juges d'instruction de ce lourd dossier (Bruguière, Thiel et Le Vert) témoigneront le 28 novembre, deux jours après l'ancien chef de la division nationale antiterroriste (DNAT), Roger Marion, et le successeur de Claude Erignac, Bernard Bonnet, qui a promis dans la presse "d'éclairer certains faits d'un jour nouveau".

Acceptant une requête de la Défense, la cour a annoncé qu'elle souhaitait entendre le 5 décembre "si son emploi du temps le permet" le secrétaire général de l'Elysée Claude Guéant à la suite d'un article du Point selon lequel il aurait convoqué récemment Roger Marion pour "s'assurer" qu'il "s'abstiendrait de tout règlement de comptes avec des policiers chargés de l'enquête". M. Guéant a par avance démenti toute tentative d'influence. Les avocats d'Yvan Colonna parlent de "subornation de témoins" et menacent de porter plainte. Ils estiment que la présidence s'est mêlée irrégulièrement du procès.

Aucun élément matériel
 
Roger Marion, qui dirigeait l'enquête, en qualité de patron de la Division nationale antiterroriste (DNAT), a été mis à l'écart par Nicolas Sarkozy lorsque ce dernier est arrivé place Beauvau en 2002. Nommé préfet, il est aujourd'hui affecté à l'Inspection générale de l'administration.
 
Entre fin novembre et début décembre, ce sont les membres du commando qui quitteront leur cellule pour témoigner. Quatre d'entre eux avaient désigné Colonna comme un des leurs, lui plaçant même l'arme entre les mains avant de se rétracter en expliquant leurs dénonciations par des "pressions" policières. L'un d'entre eux, Pierre Alessandri, a écrit en 2004, après sa condamnation à perpétuité, une lettre au juge d'instruction pour affirmer qu'il était le "vrai" tireur.

La justice espère élucider définitivement cet assassinat, le plus grave commis en trente ans de violence politique en Corse et le seul exemple de l'assassinat d'un préfet dans l'histoire de France en temps de paix. Mais pour la Défense, l'accusation ne dispose d'aucun élément matériel contre Yvan Colonna.

Par Alexandra GUILLET (avec agences) le 12 novembre 2007 à 15:21
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