Colonna dénonce une enquête à charge

Par Alexandra GUILLET (avec agence), le 13 novembre 2007 à 11h14 , mis à jour le 19 novembre 2007 à 19h15

Au deuxième jour de son procès, le meutrier présumé du préfet Erignac a dénoncé une enquête où "tous les éléments à décharge" ont été "écartés".

Yvan ColonnaImage d'archives © TF1/LCI

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Le point avec Hélène Lecomte


Deuxième jour de procès pour Yvan Colonna.  Journée qui doit être consacrée aux témoignages des proches du berger de Cargèse afin de cerner sa personnalité. A l'ouverture de l'audience, le président de la cour d'assises spéciale de Paris, Dominique Coujard, a toutefois donné  brièvement la parole au meurtrier présumé du préfet Erignac en 1998. Commentant l'acte d'accusation qui avait été détaillée la veille, l'accusé a regretté que "tous les éléments à décharge soient écartés". Tous ceux "en ma faveur ont été  tronqués ou sortis de leur contexte", a-t-il ajouté, dénonçant la "prétendue  radicalité" nationaliste qui lui est imputée.

"La radicalité elle n'existe pas!", a  insisté l'accusé, mettant en cause le travail des juges d'instruction Laurence  Le Vert et Gilbert Thiel. "Leur but c'était de noircir le personnage", a-t-il ajouté. Colonna a accusé Mme Le Vert d'avoir forgé une partie de son accusation en "apportant du crédit" à l'ancien chef du FLNC François Santoni qu'elle aurait,  selon lui, "reçu dans son bureau". Santoni, que l'accusé a traité de "mafieux",  a été assassiné par des inconnus en 2001.

"Je reste un patriote corse"
  
Retraçant son parcours, Yvan Colonna a affirmé qu'il avait cessé tout  militantisme nationaliste dès les années 1989-90. "J'ai eu un tournant de ma vie professionnelle et affective..., avec un investissement de tous les instants dans mon exploitation agricole et avec la naissance de mon fils", a-t-il  expliqué. Pour autant, a-t-il insisté à plusieurs reprises, "je reste un patriote corse", mais nie avoir été un militant violent.

Lundi, Yvan Colonna, cheveux courts, visage creusé par quatre ans de cavale puis de détention, avait déjà déclaré par l'intermédiaire de ses avocats qu'il entendait démontrer son innocence dans l'assassinat du préfet Erignac et mettre à mal ce qu'il appelle une "vérité d'Etat". Cette innocence, Dominique Erignac, la veuve du préfet de Corse assassiné en février 1998, n'y croit pas. "Au fond de moi-même, je suis sûre qu'il est l'assassin de  mon mari et j'espère que la justice passera, qu'on aura vraiment une vérité mes enfants et moi" a-t-elle déclaré lundi soir sur France 2.

Yvan Colonna est accusé d'avoir participé, avec six autres nationalistes déjà condamnés, à l'assassinat du préfet de Corse en février 1998 à Ajaccio. Selon plusieurs témoignages de ses complices présumés, qui se sont ensuite rétractés, c'est lui qui aurait tiré trois balles dans la nuque du plus haut  représentant de l'Etat sur l'île. Le verdict sera rendu le 12 décembre.

Par Alexandra GUILLET (avec agence) le 13 novembre 2007 à 11:14
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7 Commentaires

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  • Carole, le 13/11/2007 à 15h20

    Bien sûr que c'est une enquête à charge dans le cas de Colonna : nous avons été nombreux en Corse à être choqués par les propos de Sarkozy le jour de son arrestation :"on a arrêté l'assassin du préfet" ! Comment dans ces conditions envisager un traitement équitable et une justice sereine ? Nous espérons que le procès permettra de rétablir certains faits et surtout que Colonna sera jugé en toute sérénité et que la justice sera appliquée

  • Marie, le 13/11/2007 à 14h38

    Ce qui est dommage, c'est que la superbe mobilisation des corses après l'assassinat du préfet a été vite découragée par l'enquête baclée et la guerre des polices. Bien sur il faut que l'assassin du préfet soit trouvé (il est peut être déjà sous les verrous) et lourdement condamné mais attention aux conséquences de condamner quelqu'un sans preuves matérielles et objectives. L'intime conviction ne suffit pas et condamner Colonna sans preuves peut être très dommageable en terme de répercutions. Une autre remarque : le présenter (cf. dessin avec ces traits, c'est de la pure manipulation. Ce dessin ne ressemble en rien à réalité. ce n'est pas objectif. Je suis profondémment démocrate et espère que la vérité triomphera in fine.

  • Roger, le 13/11/2007 à 14h07

    Pour un innocent 4 ans de cavale cela fait desordre

  • Paul, le 13/11/2007 à 13h59

    La radicalité , elle n'existe pas dit ce monsieur ! Que penser de l'élimination d'un préfet de la République , sinon que cela ressemble fort à un acte ...radical ! Ecoeurant de voir quelqu'un si peu assummer sa responsabilité dans cet acte ignoble ... alors qu'il a été désigné comme , au moins , participant à ce meurtre ! La Corse ne ressortira pas grandie de ce procès !

  • Tina, le 13/11/2007 à 13h24

    Je pense qu'ivan colonna n'est qu'un bouc emissaire je ne le pense pas coupble

  • Martin, le 13/11/2007 à 11h34

    Ayant la conscience tranquille, Colonna a pris le maquis et s'est planqué pendant 4 ans.

  • Papadacci, le 13/11/2007 à 11h26

    Cette innocence, Dominique Erignac, la veuve du préfet de Corse assassiné en février 1998, n'y croit pas. "Au fond de moi-même, je suis sûre qu'il est l'assassin de mon mari et j'espère que la justice passera, qu'on aura vraiment une vérité mes enfants et moi" a-t-elle déclaré lundi soir sur France 2,avec les déclarations de Sarkozy qui avait dit"Nous venons d'arrêter le tueur du prefet Erignac",Yvan Colonna aura du mal à s'en sortir.a mon avis c'est uniquement un procés à charge et le verdict est déjà fait.Qui oserait donner tort à Sarkozy et à Madame Erignac?

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