Image d'archives © TF1/LCI
Deuxième jour de procès pour Yvan Colonna. Journée qui doit être consacrée aux témoignages des proches du berger de Cargèse afin de cerner sa personnalité. A l'ouverture de l'audience, le président de la cour d'assises spéciale de Paris, Dominique Coujard, a toutefois donné brièvement la parole au meurtrier présumé du préfet Erignac en 1998. Commentant l'acte d'accusation qui avait été détaillée la veille, l'accusé a regretté que "tous les éléments à décharge soient écartés". Tous ceux "en ma faveur ont été tronqués ou sortis de leur contexte", a-t-il ajouté, dénonçant la "prétendue radicalité" nationaliste qui lui est imputée.
"La radicalité elle n'existe pas!", a insisté l'accusé, mettant en cause le travail des juges d'instruction Laurence Le Vert et Gilbert Thiel. "Leur but c'était de noircir le personnage", a-t-il ajouté. Colonna a accusé Mme Le Vert d'avoir forgé une partie de son accusation en "apportant du crédit" à l'ancien chef du FLNC François Santoni qu'elle aurait, selon lui, "reçu dans son bureau". Santoni, que l'accusé a traité de "mafieux", a été assassiné par des inconnus en 2001.
"Je reste un patriote corse"
Retraçant son parcours, Yvan Colonna a affirmé qu'il avait cessé tout militantisme nationaliste dès les années 1989-90. "J'ai eu un tournant de ma vie professionnelle et affective..., avec un investissement de tous les instants dans mon exploitation agricole et avec la naissance de mon fils", a-t-il expliqué. Pour autant, a-t-il insisté à plusieurs reprises, "je reste un patriote corse", mais nie avoir été un militant violent.
Lundi, Yvan Colonna, cheveux courts, visage creusé par quatre ans de cavale puis de détention, avait déjà déclaré par l'intermédiaire de ses avocats qu'il entendait démontrer son innocence dans l'assassinat du préfet Erignac et mettre à mal ce qu'il appelle une "vérité d'Etat". Cette innocence, Dominique Erignac, la veuve du préfet de Corse assassiné en février 1998, n'y croit pas. "Au fond de moi-même, je suis sûre qu'il est l'assassin de mon mari et j'espère que la justice passera, qu'on aura vraiment une vérité mes enfants et moi" a-t-elle déclaré lundi soir sur France 2.
Yvan Colonna est accusé d'avoir participé, avec six autres nationalistes déjà condamnés, à l'assassinat du préfet de Corse en février 1998 à Ajaccio. Selon plusieurs témoignages de ses complices présumés, qui se sont ensuite rétractés, c'est lui qui aurait tiré trois balles dans la nuque du plus haut représentant de l'Etat sur l'île. Le verdict sera rendu le 12 décembre.
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