Le doute grandit en Corse sur la culpabilité de Colonna

Par AFP, le 09 novembre 2007 à 16h21 , mis à jour le 09 novembre 2007 à 16h28

Alors que s'ouvre lundi le procès d'Yvan Colonna, soupçonné du meurtre du préfet Erignac, la Corse espère un procès juste, respectueux de la présomption d'inoncence.

[Expiré] [Expiré] Affiche de soutien à Yvan Colonna © AFP

Yvan Colonna est jugé à partir de lundi, et pour un mois, devant la cour d'assises spéciale de Paris pour l'assassinat en 1998 du préfet de Corse Claude Erignac. La Corse qui avait massivement protesté à l'époque contre cet acte meurtrier, attend dans le calme ce procès, mais avec des doutes grandissants quant à la culpabilité de l'intéressé. Partout sur les murs des villes et villages, sur les poteaux télégraphiques, les voitures particulières, au dos des panneaux de signalisation, des affiches représentant Yvan Colonna ont été placardées.
  
Deux acquittements qui sèment le doute

Beaucoup d'insulaires ont en mémoire que deux des militants nationalistes condamnés en 2003 à 30 ans de réclusion criminelle dans le cadre de l'affaire Erignac, ont été acquittés trois ans plus tard, pour les mêmes faits - dans les deux cas, par des juges professionnels. "Les condamnations avaient semblé cohérentes mais, avec les acquittements,  tout a basculé, tout le monde a commencé à douter, et l'idée de l'innocence de  Colonna a fait son petit chemin dans les esprits", constate un magistrat sous  couvert d'anonymat.
  
Jointe par l'AFP, Christine, la soeur d'Yvan Colonna fait la même analyse : "Ce procès a fait basculer l'opinion. Les plus sceptiques sur l'innocence d'Yvan  se sont mis à douter. La conviction de ceux qui croyaient qu'il n'avait  rien  fait s'est renforcée. Et notre parole est devenue plus audible alors qu'avant,  évoquer l'innocence de mon frère était tabou, voire offensant".
   
Une pétition recueille 31000 signatures

La désignation publique - au plus haut niveau et à plusieurs reprises - d'Yvan Colonna comme auteur de l'assassinat, a renforcé la conviction de beaucoup de Corses qu'ils étaient confrontés à une manipulation : "Pourquoi en faire autant ? Ca donne l'impression qu'on veut nous persuader à tout prix de sa  culpabilité", souligne un commerçant. Illustration de cette méfiance à l'égard de l'instruction : une pétition de soutien à l'accusé, réclamant "le retour à la normalité judiciaire et une  justice équitable", circule depuis un an. Dans cette île d'à peine 270000 habitants, elle a recueilli, selon Christine Colonna, plus de 31000  signatures.
 
Figure emblématique du nationalisme corse, le dr Edmond Siméoni, aujourd'hui élu à l'Assemblée de Corse, assistera - comme plusieurs dirigeants nationalistes  - à une partie des audiences. "Pour témoigner, a-t-il expliqué à l'AFP, de notre  souci de voir se dérouler un procès juste et respectant la présomption  d'innocence". Edmond Siméoni ne se prononce pas sur la culpabilité ou l'innocence d'Yvan  Colonna. Mais comme de nombreux Corses, il doute de l'honnêteté de l'instruction,"qui s'est obstinée à ne pas laisser la défense s'exprimer".
 
"Gloire à toi, ô Yvan"
  
Signe de l'évolution des convictions : les "Gloire à toi, ô Yvan" bombés sur  les murs à la suite du drame avaient révolté l'opinion et avaient été perçus  comme une glorification de l'assassinat du préfet. "Ils sont aujourd'hui  présentés comme un simple et affectueux coup de chapeau à un homme libre  échappant à l'injustice", constate un policier.

Par AFP le 09 novembre 2007 à 16:21
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1 Commentaires

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  • Gilou, le 11/11/2007 à 11h54

    J'espere qu'Yvan Colonna va sortir libre de tous soupcons.Mais pourquoi cette fuite.

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