La Justice dans la rue contre la réforme Dati

Par agence, le 28 novembre 2007 à 16h18 , mis à jour le 28 novembre 2007 à 17h35

Magistrats, employés du monde judiciaire et avocats sont appelés à faire grève et à manifester contre la réforme de la carte judiciaire.

TF1-LCI : Rassemblement de magistrats devant le palais de Justice de Paris, le 11 juin 2007Rassemblement de magistrats devant le palais de Justice de Paris, le 11 juin 2007 © TF1-LCI

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la nouvelle carte judiciaire de la France
 

La journée de jeudi s'annonce comme le moment fort de la mobilisation contre la réforme de la carte judiciaire, lancée par la garde des Sceaux. La fermeture annoncée par Rachida Dati de 23 tribunaux de grande instance, 178 tribunaux d'instance, 63 conseils de prud'hommes et 55 tribunaux de commerce se heurte depuis plusieurs semaines à une hostilité tous azimuts : grève des  avocats, occupation de tribunaux, manifestations de greffiers et d'élus locaux. A ces formes quotidiennes de contestation s'ajouteront ce jeudi des rassemblements sur les marches des palais de justice, des renvois d'audience, une grève des magistrats et deux rassemblements à Paris.
  
L'Union syndicale des magistrats (USM, majoritaire) appelle à une manifestation à 13h30 aux abords de l'Assemblée nationale, au côté de la Conférence des bâtonniers. De son côté, le Syndicat de la magistrature (SM, gauche), deuxième dans la profession, fait partie d'une entente de syndicats de fonctionnaires de justice (Usaj, CGT et CFDT) qui appelle à la grève et à un rassemblement à 14 heures à proximité de la Chancellerie.
 
Divergence de fond entre syndicats de magistrats
 
Cette absence d'unité, regrettée par plusieurs professionnels, révèle une divergence de fond sur la réforme. Pas hostile dans son principe à la "rénovation" d'une carte judiciaire vieille de cinquante ans, l'USM dénonce principalement la méthode de Rachida Dati qui n'a plus réuni le comité consultatif qu'elle avait installé en juin et a fait ses annonces lors de déplacements en régions. "Il n'est pas encore trop tard pour vraiment négocier avec les principaux intéressés et dégager un consensus minimum", fait valoir le président de l'USM, Bruno Thouzellier, qui dénonce la "politique du mépris" de Mme Dati.
  
De son côté, le SM rejette dans son ensemble la réforme qui, à partir "de critères uniquement quantitatifs", supprime surtout des juridictions de proximité traitant les litiges de la vie quotidienne et "prépare une justice déshumanisée, éloignée des justiciables" selon sa secrétaire générale, Hélène Franco. Le syndicat appelle en outre à la grève ce que ne fait pas l'USM, qui ne veut pas "bloquer les juridictions", selon Bruno Thouzellier.

Dispersés à Paris, les professionnels judiciaires devraient retrouver leur unité en régions. La mobilisation ne devrait en tout cas pas en rester là mais  sous d'autres formes et "sans nuire aux justiciables", selon le SM qui évoque notamment une grève des statistiques judiciaires.

Par agence le 28 novembre 2007 à 16:18
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