La ministre de la Justice, Rachida Dati, le 5 octobre 2007 à Angoulême © Abacapress.com| "Rachida Dati a rompu le pacte de concertation" |
Contestée pour ses méthodes, pour sa réforme de la carte judiciaire, Rachida Dati est loin de faire l'unanimité parmi les magistrats. Elle recevait jeudi l'Union syndicale des magistrats (USM) dans un contexte tendu. Le Syndicat de la magistrature, classé à gauche, et les syndicats de personnels de justice, appellent à la grève le 29 novembre dans les tribunaux pour protester contre la réforme de la carte judiciaire. L'USM, majoritaire, devrait appeler à la "mobilisation" sans rejoindre explicitement la grève.
Un contexte dans lequel les petites phrases peuvent toutes se charger d'animosité. Le président de l'USM, Bruno Thouzellier, a ainsi demandé jeudi à Rachida Dati de s'expliquer sur des propos, prêtés à la garde des Sceaux, selon lesquels elle aurait accusé les magistrats syndiqués de "désinformation" à son sujet.
"Si elle avait quelque chose à dire, elle le dirait en face"
Dans un article consacré à la ministre, l'hebdomadaire Le Point daté du 1er novembre évoquait les récentes polémiques sur la validité de ses diplômes, son mariage ou les conditions de son ascension professionnelle, écrivant que Rachida Dati "croit savoir qui sont les responsables de la désinformation qui la frapperait : la presse judiciaire et les magistrats syndiqués". La journaliste du Point ayant écrit l'article, Sylvie Pierre-Brossolette, a souligné depuis que ces propos n'étaient pas entre guillemets mais qu'elle avait voulu "retranscrire l'état d'esprit de la garde des Sceaux qui trouvait, sans citer de point particulier, que les informations contre elle émanaient notamment des magistrats syndiqués et de la presse judiciaire".
Vendredi dernier, dans une lettre à la garde des Sceaux, le président de l'USM avait demandé à la ministre de "publier un démenti officiel" sur ces propos qui seraient "scandaleux et diffamatoires" s'ils avaient été tenus. Mardi, après l'annulation d'un premier rendez-vous par la ministre, Bruno Thouzellier avait estimé que "le malaise s'accroît de jour en jour" entre Rachida Dati et les professions judiciaires. En rencontrant finalement Rachida Dati jeudi matin, le président de l'USM a réitéré sa demande et, selon lui, la ministre lui a répondu "qu'elle n'avait jamais dit ça" mais qu'elle ne les démentirait pas publiquement, comme il le souhaitait.
Le porte-parole de la Chancellerie, Guillaume Didier, a confirmé que la ministre avait "démenti auprès de M. Thouzellier avoir tenu ces propos" tout en se refusant "à commenter les commentaires". "Rachida Dati l'a dit à Bruno Thouzellier, il ne peut y avoir aucune suspicion contre la garde des Sceaux à l'égard des magistrats... Si elle avait quelque chose à dire aux représentants syndicaux, elle le dirait en face".
D'après agence
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