Equipe d'intervention mobilisée après les sabotages sur des lignes TGV (21 novembre 2007) © TF1/LCIUn cheminot de la CGT a été condamné vendredi à quatre mois d'emprisonnement avec sursis par le tribunal correctionnel de Thionville, en Moselle, pour "dégradation volontaire d'un bien d'utilité publique" commis pendant la récente grève des transports. Le tribunal, qui a statué dans le cadre de la procédure de comparution directe, a également ordonné une mise à l'épreuve de 18 mois et l'obligation d'indemniser la SNCF, dont le préjudice a été estimé à 3500 euros.
Mercredi vers 21h30, le prévenu, un cheminots de 46 ans, avait brisé à coups de galets quatre baies vitrées du poste de relais à commande informatique de Thionville, où est notamment assurée la sécurité des trains en circulation. Ivre, il en avait ensuite défoncé la porte et détruit un visiophone situé à l'entrée. Décrit comme un "agent modèle", à la fois par sa hiérarchie et ses collègues, ce père de famille au casier judiciaire vierge et titulaire de la médaille de la Travail a reconnu les faits et a expliqué à la barre son "coup de folie" par la "pression du conflit". "Avec la réforme, je me sentais trahi par l'Etat et la SNCF. J'ai pété les plombs et en dix, quinze secondes, ça a tourné", a-t-il ajouté.
Pour la partie civile, ni la grève ni l'alcool ne sauraient justifier des faits "totalement inadmissibles". Le procureur a pour sa part souligné qu'"il ne s'agissait pas de juger les modalités d'un conflit social mais un acte isolé et inacceptable commis en marge de celui-ci". Arguant des "remarquables états de service" de son client aux chemins de fer nationaux, la défense a estimé qu'en raison de son ivresse (un taux d'alcoolémie d'un gramme relevé lors de la garde à vue), le prévenu n'était pas dans son état normal au moment des faits.
"Il n'y a pas eu d'acte de sabotage. Il n'y avait aucun danger"
Mercredi, un cheminot de 48 ans et un chauffeur routier, fils de cheminot, de 20 ans, ont également été interpellés en Meurthe-et-Moselle pour "entrave à la circulation ferroviaire", a déclaré le procureur de Nancy. Les deux hommes sont soupçonnés d'avoir purgé les freins d'un train arrêté par un piquet de grève le 16 novembre à Blainville-sur-l'Eau, empêchant le redémarrage du convoi, a expliqué le procureur. "Il n'y a pas eu d'acte de sabotage. Il n'y avait aucun danger, car le train ne pouvait redémarrer tant que les freins n'étaient pas remis en pression", a précisé le procureur de Nancy, ajoutant que les deux hommes, remis en liberté, comparaîtraient le 17 décembre en audience collégiale au tribunal correctionnel de Nancy.
Dans les deux cas, les poursuites ont été engagées après une plainte de la SNCF. "Chaque fois qu'il y a des exactions sur le territoire de la SNCF, nous portons plainte, y compris hors période de grève", a dit un porte-parole de l'entreprise. Au micro de RTL, Guillaume Pépy, directeur général exécutif de la SNCF, a fait savoir que l'entreprise avait déposé une quarantaine de plaintes contre les saboteurs.
D'après agence
Retour MYTF1
Chargement en cours...





