SNCF : quatre mois avec sursis pour un cheminot casseur

le 23 novembre 2007 à 17h23 , mis à jour le 23 novembre 2007 à 18h54

Mercredi, il avait brisé à coups de galets quatre baies vitrées du poste de relais à commande informatique de Thionville, où est assurée la sécurité des trains.

Equipe d'intervention mobilisée après les sabotages sur des lignes TGV (21 novembre 2007)Equipe d'intervention mobilisée après les sabotages sur des lignes TGV (21 novembre 2007) © TF1/LCI

Un cheminot de la CGT a été condamné vendredi à quatre mois d'emprisonnement avec sursis par le tribunal correctionnel de Thionville, en Moselle, pour "dégradation volontaire d'un bien d'utilité publique" commis pendant la récente grève des transports. Le tribunal, qui a statué dans le cadre de la procédure de comparution directe, a également ordonné une mise à l'épreuve de 18 mois et l'obligation d'indemniser la SNCF, dont le préjudice a été estimé à 3500 euros.

Mercredi vers 21h30, le prévenu, un cheminots de 46 ans, avait brisé à coups de galets quatre baies vitrées du poste de relais à commande informatique de Thionville, où est notamment assurée la sécurité des trains en circulation. Ivre, il en avait ensuite défoncé la porte et détruit un visiophone situé à l'entrée. Décrit comme un "agent modèle", à la fois par sa hiérarchie et ses collègues, ce père de famille au casier judiciaire vierge et titulaire de la médaille de la Travail a reconnu les faits et a expliqué à la barre son "coup de folie" par la "pression du conflit". "Avec la réforme, je me sentais trahi par l'Etat et la SNCF. J'ai pété les plombs et en dix, quinze secondes, ça a tourné", a-t-il ajouté.

Pour la partie civile, ni la grève ni l'alcool ne sauraient justifier des faits "totalement inadmissibles". Le procureur a pour sa part souligné qu'"il ne s'agissait pas de juger les modalités d'un conflit social mais un acte isolé et inacceptable commis en marge de celui-ci". Arguant des "remarquables états de service" de son client aux chemins de fer nationaux, la défense a estimé qu'en raison de son ivresse (un taux d'alcoolémie d'un gramme relevé lors de la garde à vue), le prévenu n'était pas dans son état normal au moment des faits.

"Il n'y a pas eu d'acte de sabotage. Il n'y avait aucun danger"
 
Mercredi, un cheminot de 48 ans et un chauffeur routier, fils de cheminot, de 20 ans,  ont également été interpellés en Meurthe-et-Moselle pour "entrave à la circulation ferroviaire", a déclaré le procureur de Nancy. Les deux hommes sont soupçonnés d'avoir purgé les freins d'un train arrêté  par un piquet de grève le 16 novembre à Blainville-sur-l'Eau, empêchant le redémarrage du convoi, a  expliqué le procureur. "Il n'y a pas eu d'acte de sabotage. Il n'y avait aucun danger, car le train  ne pouvait redémarrer tant que les freins n'étaient pas remis en pression", a  précisé le procureur de Nancy, ajoutant que les deux hommes, remis en liberté, comparaîtraient le 17 décembre en audience collégiale au tribunal correctionnel  de Nancy.
 
Dans les deux cas, les poursuites ont été engagées après une plainte de la SNCF. "Chaque fois qu'il y a des exactions sur le territoire de la SNCF, nous portons plainte, y compris hors période de grève", a dit un porte-parole de l'entreprise. Au micro de RTL, Guillaume Pépy, directeur général exécutif de la SNCF, a fait savoir que l'entreprise avait déposé une quarantaine de plaintes contre les saboteurs. 
 

D'après agence

le 23 novembre 2007 à 17:23
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21 Commentaires

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  • Copain 49, le 23/11/2007 à 21h39

    Faute Grave et lourde qui merite un licenciement pur et simple. Qui va payer les réparations, mes impots où les syndicats ???

  • Yves dequesne, le 23/11/2007 à 21h24

    C'est la honte,heureusement il n'y a pas eu d'accident ,quel triste comportement,cela merite le pied au ....

  • Corinne, le 23/11/2007 à 21h17

    "J'ose espérer que ce n'est que la sanction pénale, que la sanction disciplinaire va suivre, car si ce n'est pas une faute lourde je ne comprends plus rien. Ce type là n'a pas sa place à la place où il était...1g d'aloccol et il casse mais ce qui n'est pas à lui...allons place à des gens qui ont une conscience professionnelle et du respect pour l'outil de travail. Tant de gens voudraient pouvoir travailler....MERCI

  • Antoine, le 23/11/2007 à 21h12

    Aucune precision concernant l'aspect consequence professionnelle (un blame peut être?)... Lundi je vais travailler avec 1gr et je degrade le materiel de l'entreprise!!! Mardi je pointe à l'ANPE!

  • PINEAU, le 23/11/2007 à 21h03

    Une vie professionnelle marquée au fer rouge à 46 ans pour un moment de folie.La faute à qui? L'alcool surement mais est ce la seule raison? Elle est finie la belle auréole de ses cheminots fiers de leur métier, de leur outil et de leur entreprise.Que l'on nous parle pas de salaire de misère quand on sait tous les avantages dont ils jouissent. Et on leur donnera comme aux agents EDF de substancielles compensations .Désormais ayez la pudeur de ne plus employer le mot solidarité en vous adressant aux millions de salariés que vous avez proprement ignorés trop occupés à défendre votre riche citadelle.

  • BARRIER, le 23/11/2007 à 20h33

    Actes de malveillance gratuits donc prison ferme et licenciement : c'est tout ce qu'il mérite et adieu les avantages de la SNCF !!!

  • Michel, le 23/11/2007 à 20h28

    On boit un coup, et on casse tout ce que l'on trouve dans l'entreprise, ce sont les privés qui paient, et le tour est joué !!les juges qui n'ont pas digéré la victoire de la droite, à la porte !!

  • Chris, le 23/11/2007 à 20h23

    Faut pas abuser qd meme s'il mérite ses quatre mois avec sursis Chirac pour ses magouilles devrait écoper de dix ans.

  • Bernard, le 23/11/2007 à 20h15

    Donc ,les racailles dont parlait Sarko seraient des cheminots ? En tout cas, voila une justice plus expeditive que pour Chirac...

  • Nouchka, le 23/11/2007 à 20h11

    Normalement il devrait être viré mais je ne pense pas que la SNCF osera pour ne pas avoir une nouvelle grève. Si j'avais fait la même chose je n'aurais sans doute pas eu un jugement aussi clément.

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