© TF1-LCIL'accident qui a coûté la vie aux deux enfants fauchés par un véhicule Volvo en 1999 trouve son origine dans une défaillance du système de freinage de la voiture, selon un expert judiciaire auditionné mercredi par le tribunal correctionnel de Saverne, dans le Bas-Rhin. Yvon Crolet, mandaté en avril 2000 dans le cadre de l'instruction, a indiqué que cette défaillance résultait selon lui d'une fuite dans le système d'assistance au freinage. "Quand l'assistance de freinage disparaît, ce n'est pas une absence de confort, c'est la surprise. On est en chute libre", a-t-il commenté.
Ce problème de fuite résultait notamment d'une "entaille" sur un connecteur en caoutchouc réalisée lors d'une révision chez le concessionnaire de Souffelweyersheim, a-t-il expliqué. Ce dernier, qui comparaît depuis mardi aux côtés du constructeur et de la conductrice, avait agi à la suite d'une "action technique" diligentée par Volvo à propos d'un éventuel défaut de l'assistance au freinage des 850 TDI, le véhicule incriminé dans l'accident. Dans le cadre de cette action, le constructeur n'avait pas demandé le rappel des véhicules, mais avait demandé à ses concessionnaires de vérifier la présence du défaut et de le corriger le cas échéant à l'occasion des contrôles de routine. De surcroît, le constructeur suédois n'avait pas fourni les bonnes pièces nécessaires aux réparations, les documents remis aux concessionnaires manquant également de clarté, a-t-il ajouté.
Une "confusion" dans les pédales
Les experts privés convoqués par la firme suédoise se sont quant à eux employés à balayer ces arguments, rejetant la responsabilité sur la conductrice. Mandaté par Ford, la maison mère de Volvo, Claude Tarrière a ainsi indiqué qu'il était selon lui "clair qu'il n'y avait pas eu de problème de freinage". Le "seul scénario possible" qui puisse expliquer l'accident est une "confusion" entre la pédale de frein et celle de l'accélérateur, a-t-il encore estimé, jugeant que le véhicule allait "à 60 ou 61 km/h".
Le 17 juin 1999 à Wasselonne, une Volvo 850 TDI avait mortellement fauché sur le chemin de l'école deux enfants de onze ans. Un autre écolier, âgé de neuf ans à l'époque, avait été blessé. Volvo Cars Corporation, sa filiale française, le garagiste de Souffelweyersheim qui avait vendu le véhicule et assuré l'entretien, ainsi que la conductrice doivent répondre d'"homicides et blessures involontaires".
(D'après agence)
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