"La voiture est partie comme une masse inerte"

le 13 novembre 2007 à 17h57 , mis à jour le 13 novembre 2007 à 19h02

La conductrice de la Volvo qui avait fauché deux enfants en 1999 a raconté mardi sa version de l'accident et ses vains efforts pour freiner.

Palais de Justice Procès DroitImage d'archives © TF1

"Je suis responsable parce que c'était mon véhicule, mais je ne suis pas coupable car j'ai tout tout fait pour éviter le drame". Devant le tribunal correctionnel de Saverne, Catherine Kohtz a raconté mardi l'enchaînement du drame au cours duquel elle avait, le 17 juin 1999, au volant de sa Volvo 850 TDI, fauché sur le chemin de l'école deux enfants de onze ans à Wasselonne, dans le Bas-Rhin. Un autre écolier, âgé de neuf ans à l'époque, avait été blessé. La pente de la route était forte et selon elle, les freins n'avaient pas répondu.

La conductrice, mais aussi Volvo Cars Corporation, sa filiale française, et le garagiste qui avait vendu le véhicule et assuré l'entretien, doivent répondre d'homicides et blessures involontaires. Le constructeur et le concessionnaire, qui comparaissent en tant que personnes morales, encourent une amende de 225.000 euros. La conductrice risque une peine maximum de trois ans ferme et 45.000 euros d'amende. Et les débats portent sur ces déclarations de Catherine Kohtz : les freins étaient-ils en cause ? Volvo brandit ses expertises et affirme que non. La conductrice maintient sa version.

"Elle m'a dit : j'ai plus de freins"

"J'ai freiné de plus en plus fort mais la voiture est partie comme une masse inerte. La voiture glissait (...) J'ai essayé de rentrer dans des voitures garées sur le bas-côté pour l'arrêter", s'est justifiée mardi, à l'audience, cette enseignante de 57 ans, estimant sa vitesse aux environs de 40 km/h. "Je ne sais pas ce qui s'est passé, pourquoi la voiture a dévié. (Après l'accident,) je me suis rendue compte qu'il y avait une petite fille sous ma roue", a-t-elle expliqué, en larmes.

Pourtant, la route lui était familière, la voiture - un modèle à boîte automatique datant de 1997 sur lequel elle avait pris des cours de conduite - avait été fraîchement révisée et elle en connaissait parfaitement l'ergonomie, a-t-elle encore affirmé. Citée par la défense, Maria Paladino, 36 ans, était la passagère de Catherine Kohtz le matin du drame. "Dans la descente, elle m'a dit : j'ai plus de freins", s'est souvenu la jeune femme, selon qui Mme Kohtz, qui roulait "à petite vitesse", appuyait alors "complètement et entièrement sur la pédale de frein".

Deux autres témoins, qui s'étaient manifestés auprès de la défense de la conductrice après le report du procès en mai dernier, ont, eux aussi, fait part d'incidents rencontrés au volant de véhicules de la marque suédoise. Bernard Boulongne a évoqué la "résistance inhabituelle" offerte par sa pédale de frein "au sortir d'un enchaînement de virages" au volant de sa S70 TDI, un modèle semblable à la 850 TDI. Même scénario pour Alain Ott qui, alors qu'il négociait "un virage en descente", a tenté de freiner à plusieurs reprises, les freins de son break V70 TDI ne répondant pas.

D'après agence 

le 13 novembre 2007 à 17:57
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7 Commentaires

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  • Bean, le 14/11/2007 à 11h24

    Et le frein à main?

  • Sablié, le 14/11/2007 à 11h07

    Au bon temps des Dauphine ne plus avoir de freins arrivait de temps en temps ( circuit unique de freinage , maître cylindre de mauvaise qualité etc ...) on coupait le contact , on rétrogradait les vitesses et on terminait au frein à main . Avec cette technique on pouvait même aller jusqu'au prochain garage à petite vitesse . Ca apprenait à anticiper ce qui est bien plus utile pour ne pas avoir d'accident que tous les radars et autres interdictions qui pourrissent la vie des automobilistes d'aujourd'hui .

  • Sebastien, le 14/11/2007 à 09h45

    Je serai peut etre le seul à écrire sur cet article (les "françégoistes" sont trop occupés à faire grève et à ce queréller), mais je ne peux m'empécher de penser aux petites victimes de ce drame. Et je pense plus aux malheur des parents que de savoir qui paiera.

  • Denis Bidaud, le 13/11/2007 à 23h21

    C'est aberrant qu'on laisse dire des chose comme ça ... la voiture a fait un tonneau après son accident ... pensez vous sérieusement qu'à environ 40km/h on peut faire un tonneau. Et si vraiment le frein (l'assistance au freinage plus précisemment)ne marchait pas sachant qu'elles étaient 2 dans la voiture aucune des 2 n'a pensé à tirer le frein à main ? De plus le frein fonctionne sans assistance i lest beaucoup plus dure mais ça fonctionne. Essayez c'est simple, vous couper votre moteur et vous freinez plusieurs fois, ça va vider la réserve de l'assistance et votre pédale sera dure ... mais votre voiture freinera. moi personnellement à 40 km/h j'arrête sans problème une voiture sans assistance. Non le vrai problème est que la voiture roulait trop vite, mais le subconscient a trop besoin de trouver des excuses à des évènements horribles ... alors on se cherche des excuses.

  • François-Xavier, le 13/11/2007 à 20h56

    C'est sur que sur les images on peut imaginer que la voiture roulait à 50KM/H, et le frein à main, l'embrayage, en panne aussi?

  • Andersson.frederique, le 13/11/2007 à 20h49

    Nous avons eu une Volvo break car nous sommes fidèles à la marque. Cette Volvo break neuve ne freinait pas. Le garage Volvo de Creil, garage Lemaire a constaté après beaucoup d'essais qui'il y avait un problème. La voiture continuait sa route.Mais à l'époque, les ABS étaient nouveaux et nous avons ou j'ai pensé que c'était normal car je freinais en pompant pour éviter les à coups jusqu'au jour ou j'ai failli m'encastrer dans un camion arrêté au feu rouge du passage à niveau. Mr ..propriétaire du garage Volvo auquel mon mari a conduit la voiture a aussi constaté qu'en pompant, la voiture ne s'arrêtait pas. Ils ont changé la pompe à vide. Cela fait des années que j'entends à la radio ce cas. A chaque fois, j'ai pensé que Volvo qui connaissait le problème avait fini par reconnaitre qu'il y avait un vice avec le freinage. Volvo Turbo diesel 940-945 gentleman.

  • Candide niort, le 13/11/2007 à 19h46

    L'histoire est dramatique certes ,mais ce discours d'apprenti conducteur me fait rire /On coupe le moteur et on laisse en prise , on rétrograde carrément , ou encore le frein à main , ou encore on choisit un obstacle autre que des enfants ce ne sont pas les moyens qui manquent !Un peu dans le genre des régulateurs bloqués ...le gars est à 200 ?! Rien qu'en coupant le contact le véhicule s'arrête !

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