Image d'archives © TF1"Je suis responsable parce que c'était mon véhicule, mais je ne suis pas coupable car j'ai tout tout fait pour éviter le drame". Devant le tribunal correctionnel de Saverne, Catherine Kohtz a raconté mardi l'enchaînement du drame au cours duquel elle avait, le 17 juin 1999, au volant de sa Volvo 850 TDI, fauché sur le chemin de l'école deux enfants de onze ans à Wasselonne, dans le Bas-Rhin. Un autre écolier, âgé de neuf ans à l'époque, avait été blessé. La pente de la route était forte et selon elle, les freins n'avaient pas répondu.
La conductrice, mais aussi Volvo Cars Corporation, sa filiale française, et le garagiste qui avait vendu le véhicule et assuré l'entretien, doivent répondre d'homicides et blessures involontaires. Le constructeur et le concessionnaire, qui comparaissent en tant que personnes morales, encourent une amende de 225.000 euros. La conductrice risque une peine maximum de trois ans ferme et 45.000 euros d'amende. Et les débats portent sur ces déclarations de Catherine Kohtz : les freins étaient-ils en cause ? Volvo brandit ses expertises et affirme que non. La conductrice maintient sa version.
"Elle m'a dit : j'ai plus de freins"
"J'ai freiné de plus en plus fort mais la voiture est partie comme une masse inerte. La voiture glissait (...) J'ai essayé de rentrer dans des voitures garées sur le bas-côté pour l'arrêter", s'est justifiée mardi, à l'audience, cette enseignante de 57 ans, estimant sa vitesse aux environs de 40 km/h. "Je ne sais pas ce qui s'est passé, pourquoi la voiture a dévié. (Après l'accident,) je me suis rendue compte qu'il y avait une petite fille sous ma roue", a-t-elle expliqué, en larmes.
Pourtant, la route lui était familière, la voiture - un modèle à boîte automatique datant de 1997 sur lequel elle avait pris des cours de conduite - avait été fraîchement révisée et elle en connaissait parfaitement l'ergonomie, a-t-elle encore affirmé. Citée par la défense, Maria Paladino, 36 ans, était la passagère de Catherine Kohtz le matin du drame. "Dans la descente, elle m'a dit : j'ai plus de freins", s'est souvenu la jeune femme, selon qui Mme Kohtz, qui roulait "à petite vitesse", appuyait alors "complètement et entièrement sur la pédale de frein".
Deux autres témoins, qui s'étaient manifestés auprès de la défense de la conductrice après le report du procès en mai dernier, ont, eux aussi, fait part d'incidents rencontrés au volant de véhicules de la marque suédoise. Bernard Boulongne a évoqué la "résistance inhabituelle" offerte par sa pédale de frein "au sortir d'un enchaînement de virages" au volant de sa S70 TDI, un modèle semblable à la 850 TDI. Même scénario pour Alain Ott qui, alors qu'il négociait "un virage en descente", a tenté de freiner à plusieurs reprises, les freins de son break V70 TDI ne répondant pas.
D'après agence
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