"Confidentiel défense" : le journaliste mis en examen

le 07 décembre 2007 à 11h50 , mis à jour le 07 décembre 2007 à 20h33

Le journaliste d'investigation Guillaume Dasquié est soupçonné d'avoir divulgué des éléments provenant de rapports de la DGSE relatifs au terrorisme.

Le blog de Guillaume DasquiéLe blog de Guillaume Dasquié

Le journaliste Guillaume Dasquié a été mis en examen dans la nuit de jeudi à vendredi pour compromission du secret de la  défense. Il est notamment soupçonné d'avoir divulgué des éléments provenant de rapports de la  DGSE relatifs au terrorisme, dans un article du Monde daté du 17 avril 2007. Michèle Alliot-Marie, alors ministre de la Défense, avait saisi le Garde des  sceaux d'une plainte contre X, après la divulgation par le quotidien de ces  documents classifiés avertissant d'un détournement d'avion américain huit mois  avant le 11 septembre 2001.
 
Le Monde précisait alors être en possession de 328 pages de documents de la DGSE frappés de la mention "confidentiel défense", des "notes, rapports, synthèses, cartes, graphiques, organigrammes, photos satellite". Le tout,  précisait alors le journal, représentait "rien de moins que l'essentiel des  rapports de la DGSE rédigés entre juillet 2000 et octobre 2001". Selon une source proche du dossier, lors de sa garde à vue mercredi, les policiers ont cherché à obtenir les sources du journaliste à l'origine de ces fuites.
 
Il risque cinq ans de prison
 
Selon une autre source proche de l'enquête, on reproche également à Guillaume Dasquié la divulgation d'un document du ministère des Affaires étrangères  relatif à l'affaire Borrel (du nom d'un magistrat décédé dans des circonstances  non élucidées à Djibouti), dans un autre article du Monde daté du 10 juin dernier.
 
Reporters sans frontières a dénoncé dans un communiqué les "procédés abusifs" utilisés à l'encontre de Guillaume Dasquié, estimant qu'on "ne peut pas  faire porter la responsabilité de fuites, au sein des services de renseignements  ou d'un cabinet d'instruction, à un journaliste qui divulgue des documents méritant, en l'occurrence, d'être portés à la connaissance du public. Guillaume  Dasquié a fait son métier. Il ne doit pas être traité ainsi". Selon l'association, le journaliste a même été menacé d'être placé en détention provisoire s'il ne révélait pas sa source principale. "De telles assertions sont totalement mensongères", répond le procureur de la République de Paris, Jean-Claude Marin, dans un communiqué. Co-fondateur du site internet geopolitique.com spécialisé dans la publication de documents classifiés, le journaliste risque cinq ans d'emprisonnement et 75.000  euros d'amende. Il a été placé sous contrôle judiciaire.

Colère du directeur du Monde

Le directeur du Monde, Eric Fottorino, a jugé  "grave et choquant" que l'autorité judiciaire ait "contourné le principe de la  liberté de la presse" avec la mise en examen de Guillaume Dasquié  pour compromission du secret défense après un article publié dans le quotidien. Selon Eric Fottorino, "l'article 109 du code de procédure pénale est on ne  peut plus clair: Tout journaliste entendu comme témoin sur des informations recueillies dans l'exercice de son activité est libre de ne pas en révéler  l'origine". Il ajoute qu'en 2006, le Garde des Sceaux d'alors, Pascal Clément, "s'était engagé à inscrire cette règle dans la loi de 1881 sur la liberté de la presse"  et regrette que cette "promesse" n'ait "malheureusement pas été honorée".


 D'après agence
 
le 07 décembre 2007 à 11:50
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