Villepin, Gergorin et Rondot © TF1/LCIDominique de Villepin s'est retrouvé mardi en contradiction avec les versions de Jean-Louis Gergorin et du général Philippe Rondot lors d'une confrontation organisée par les juges chargés de l'affaire Clearstream, selon des sources proches du dossier. Elle a pris fin peu après 18 heures. L'ancien Premier ministre s'est retrouvé en porte-à-faux avec l'ancien vice-président d'EADS et l'ancien officier de renseignement sur le contenu d'une réunion des trois hommes, le 9 janvier 2004, dans son bureau du Quai d'Orsay, selon ces sources.
M. de Villepin a toujours affirmé avoir alors simplement demandé au général Rondot de "le tenir informé" de l'enquête qu'il menait sur ces listings bancaires pour le compte du ministère de la Défense et sur ses éventuelles implications internationales. Il soutient qu'il n'a "pas souhaité rentrer dans le détail nominatif des listings" dans lesquels apparaissait le patronyme de M. Sarkozy. Il a à nouveau confirmé sa position lors de la confrontation. Mais, selon des sources proches du dossier, M. Gergorin et le général Rondot ont affirmé aux juges Jean-Marie d'Huy et Henri Pons que la mission confiée à l'officier était "bien plus large" et portait sur les titulaires présumés des comptes.
Gergorin évoque une intervention de Villepin en faveur de Lahoud
Jean-Louis Gergorin a en outre affirmé mardi pour la première fois devant les juges de Clearstream que Dominique de Villepin était intervenu auprès du général Philippe Rondot en mars 2004 pour faire libérer Imad Lahoud, en garde à vue dans une affaire d'escroquerie, selon des sources proches du dossier. M. de Villepin a toujours contesté être intervenu en faveur de M. Lahoud, affirmant ne pas connaître personnellement le mathématicien soupçonné d'être le falsificateur des faux listings de l'affaire Clearstream. M. Lahoud a aussi toujours nié cette intervention affirmant lui aussi ne pas connaître M. de Villepin.
Or si des liens entre les deux hommes étaient établis cela renforcerait la thèse de l'implication de M. de Villepin dans cette affaire de dénonciation calomnieuse. L'ancien vice-président d'EADS a expliqué avoir personnellement appelé M. de Villepin (alors ministre des Affaires étrangères) pour qu'il demande au général Rondot d'intervenir pour faire libérer M. Lahoud. Le général avait déjà relaté cette intervention présumée de M. de Villepin en faveur de M. Lahoud lors d'une audition par les juges le 28 mars 2006.
Cette réunion a contribué à donner un tour politique à cette affaire de dénonciation calomnieuse dans laquelle des personnalités industrielles et politiques, dont Nicolas Sarkozy, ont été faussement accusées de détenir des comptes occultes à la chambre de compensation financière Clearstream. MM. de Villepin et Gergorin ont été mis en examen dans ce dossier dans lequel le général Rondot est témoin assisté. Une nouvelle confrontation est prévue mercredi à 14 heures entre Dominique de Villepin et le général Rondot.
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