Eric Breteau, le président de l'ONG Arche de Zoé, le 26 octobre 2007 © CAPA 
L'unité des familles se fissure
Eric Breteau est-il plus coupable que les autres ? Après la joie d'avoir retrouvé leurs proches pour la première fois depuis deux mois, samedi à la prison de Fresnes, les familles des six membres de l'Arche de Zoé condamnés par la justice tchadienne se divisent sur la question.
"Il a trompé les gens (...), je suis en colère contre les faussaires", s'est emportée la sœur de Dominique Aubry à l'issue de ce premier parloir, jugeant qu'il devrait "rendre des comptes". L'avocat de la famille, Me Desandre-Navarre, a ensuite parlé de propos lancés "sous le coup de l'émotion". Antonia Van Winkelberg a également mis en cause Eric Breteau en affirmant que son mari "n'a rien commandité et ne doit pas être mis à la même enseigne que le commanditaire". Pour défendre Eric Breteau : les parents d'Emilie Lelouch, Mme Péligat ou Mme Breteau. Jeanine Lelouche a ainsi reproché à la sœur de Dominique Aubry de "casser la solidarité du groupe".
"Comment la France peut cautionner une telle injustice ?"
Les six membres de l'association L'Arche de Zoé ont été condamnés mercredi à N'Djamena à 8 ans de travaux forcés pour avoir tenté d'exfiltrer depuis l'est du Tchad vers la France 103 enfants qu'ils disaient orphelins du Darfour. Ramenés en France puis incarcérés, ils comparaîtront devant le tribunal correctionnel de Créteil le 14 janvier pour que leur soit signifiée la traduction en droit français de la condamnation tchadienne. Le procureur Jean-Jacques Bosc a annoncé samedi à l'AFP avoir demandé 8 années d'emprisonnement. Il a rappelé que les autorités tchadiennes avaient conditionné leur feu vert au transfèrement des condamnés à l'acceptation de la peine prononcée à N'Djamena "comme définitive".
"Comment la France peut cautionner une telle injustice", a demandé Antonia Van Winkelberg, l'épouse du médecin de Castellane. Après avoir revu son mari qu'elle a trouvé "aminci" et "très beau", elle a confié que ce qui avait "le plus choqué" ce dernier, "c'étaient les réquisitions de l'avocat général (de N'Djamena) sur la base d'articles de Paris Match".
Après une grève de la faim entamée pour protester contre le verdict, deux des condamnés ont été admis à l'hôpital pénitentiaire situé dans la même enceinte que la maison d'arrêt. D'après les familles, il s'agit de Nadia Merimi et Eric Breteau. Le leader de l'Arche de Zoé serait "très malade" et aurait perdu vingt kilos.
(D'après agence)
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