Francis Heaulme © TF1-LCILe feuilleton judiciaire dure depuis plus de vingt ans. Le procureur de Metz Joël Guitton requiert un non-lieu en faveur de Francis Heaulme, mis en examen d'homicides volontaires dans le double meurtre de Montigny-lès-Metz en Moselle), a affirmé mardi l'un des avocats des familles, confirmant une information du Républicain Lorrain. "Dans son réquisitoire définitif, le procureur Joël Guitton estime que les charges susceptibles d'être retenues contre (M.) Heaulme ne sont pas suffisantes" pour justifier un renvoi devant une cour d'assises, a-t-il expliqué.
"On s'oriente certainement vers un non-lieu, effectivement", a également confirmé sur RTL le juge Thierry Monfort, l'un des deux magistrats instructeurs de l'affaire. "Faute d'éléments à charge concernant (M.) Heaulme, on est obligé de le laisser sortir, on n'a rien contre lui", a-t-il ajouté. "C'est triste à dire, mais je n'ai plus de piste. Je crois bien que c'est cuit", avait déjà estimé en avril le magistrat qui avait assuré avoir "tout tenté" pour parvenir à la manifestation de la vérité.
Obtenir un 4e procès de Patrick Dils ?
Déjà condamné à 6 reprises pour meurtre, Francis Heaulme purge une peine de réclusion criminelle à perpétuité à Metz et a été mis en examen en juin 2006 pour les homicides volontaires de Cyril Beining et d'Alexandre Beckrich. Ces deux garçonnets de huit ans ont été retrouvés le 28 septembre 1986, le crâne fracassé à coups de pierres sur une voie ferrée à Montigny-lès-Metz.
En 1989, un apprenti-cuisinier de 16 ans, Patrick Dils, avait été condamné à la perpétuité pour ce double meurtre de Montigny, avant d'être acquitté en 2002. Présentée au cours de ce troisième procès, une enquête de synthèse de la gendarmerie avait conclu que le double meurtre de Montigny portait la "quasi-signature criminelle du routard du crime, Francis Heaulme". En juin 2006, Francis Heaulme avait reconnu qu'il était monté sur le talus où gisaient les corps des deux enfants avant de revenir sur ses déclarations. En avril dernier, des analyses effectuées sur un pantalon de Francis Heaulme s'étaient révélées négatives, privant l'instruction de l'élément matériel capable de fonder les indices rassemblés contre le tueur en série par les gendarmes.
"L'enquête de synthèse de la gendarmerie, qui avait été au coeur du procès de Lyon de Patrick Dils, s'est effondrée au terme de ces analyses", a estimé Me Rondu, avocat de la famille Beckrich qui veut maintenant obtenir un 4e procès de M. Dils. Les textes ne prévoient pas actuellement que des parties civiles puissent demander la révision d'un procès d'assises. Seuls les condamnés disposent de ce recours lorsque apparaît un "élément nouveau" de nature à, éventuellement, les disculper, a reconnu l'avocat.
(D'après agence)
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