© INTERNELes familles d'Alexandre Beckrich et Cyril Beining, les deux garçonnets assassinés à coups de pierres le 28 septembre 1986 à Montigny-lès-Metz veulent un coupable. Elles n'avaient pas digéré l'acquittement de Patrick Dils, il y a cinq ans. L'annonce, mardi, d'un non-lieu pour Francis Heaulme est un nouveau coup dur. Par l'intermédiaire de leur avocat, elles viennent de faire savoir qu'elles allaient faire une demande en révision près la Cour de cassation du procès pour Patrick Dils.
En 1989, cet apprenti-cuisinier alors âgé de 16 ans avait été condamné à la perpétuité par la cour d'assises des mineurs de la Moselle pour le double meurtre de Montigny. En 2001, il avait été une nouvelle fois condamné à 25 ans de réclusion par la cour d'assises de la Marne lors d'un procès en révision à Reims. Mais le 24 avril 2002 à Lyon, M. Dils avait été acquitté par la cour d'assises du Rhône. Présentée au cours de ce troisième procès, une enquête de synthèse de la gendarmerie avait conclu que l'affaire de Montigny portait la "quasi-signature criminelle de Francis Heaulme". Or ce dernier vient de bénéficier d'un non-lieu du parquet faute de "charges suffisantes"...
Modifier le code de procédure pénale
Cette volonté de demander un nouveau procès butte toutefois sur un obstacle de taille. "Auparavant, il nous faudra obtenir du Parlement une modification du code de procédure pénale (CPP) qui mette les droits des victimes au niveau des droits des accusés", explique maître Rondu. Les textes n'autorisent pas, en effet, aux parties civiles de demander la révision d'un procès d'assises. Seuls les condamnés disposent de ce recours lorsque apparaît un "élément nouveau" de nature à, éventuellement, les disculper. "Pourquoi les victimes seraient-elles moins bien loties que les condamnés", s'interroge Me Rondu. "Pour nous, l'élément nouveau, c'est le non-lieu dont vient de bénéficier Heaulme".
"Nous allons demander à être reçus par la garde des Sceaux, Rachida Dati, pour lui expliquer le problème juridique qui se pose", a expliqué Me Rondu. "Nous allons ensuite demander à deux députés (UMP) de la Moselle, Marie-Jo Zimmermann et Denis Jacquat, de rédiger une proposition de loi qui autoriserait les parties civiles à demander la révision d'un procès d'assises"."Si cette proposition de loi est votée par le Parlement, alors nous saisirons la Cour de cassation", a-t-il ajouté en reconnaissant qu'il s'engageait dans "un parcours du combattant".
"Dils a été acquitté. Acquitté mais pas innocenté", a commenté Ginette Beckrich, la grand-mère du petit Alexandre, en ajoutant une nouvelle fois n'avoir "jamais cru à la culpabilité de Heaulme" qui purge une peine de réclusion à perpétuité à la prison de Metz pour six autres meurtres. Interrogé par la radio RMC Info, M. Dils a indiqué que "le premier qui osera remettre en doute (son) innocence ira tout droit au tribunal".
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