José Bové, au premier jour de sa grève de la faim, le 3 janvier 2008 © TF1/LCIL'action devait officiellement commencer ce jeudi à 10 heures mais de fait, José Bové a cessé de s'alimenter dès mercredi. Et il a déjà fait la tournée des radios. En annonçant jeudi matin sur France inter : "Depuis hier soir, j'ai arrêté de m'alimenter", le leader altermondialiste a de nouveau accusé le gouvernement de ne pas avoir "tenu sa parole" concernant la mise en place d'un moratoire sur les cultures de maïs OGM. Et il a assuré que cette grève de la faim n'était "pas un coup médiatique" et qu'il fallait "mettre les pieds dans le plat", car "si sur ce dossier, on n'avance pas, le Grenelle de l'environnement en lui-même sera une coquille vide".
Le leader altermondialiste avait également annoncé "un lieu emblématique du mouvement social" dans le centre de Paris pour mener sa grève de la faim. Ce sera la rue de la Banque, dans le 2e arrondissement, "dans le bâtiment de la crise du logement", a indiqué José Bové, lors d'une conférence de presse au pied de la tour Eiffel.
Règles européennes et "clause de sauvegarde"
L'objectif est toujours le même : lutter contre les OGM. Cette fois, il s'agit de faire pression sur le gouvernement pour qu'il active un texte européen autorisant des dérogations au niveau national. Le ministre de l'Agriculture Michel Barnier a indiqué jeudi qu'il était prêt à recevoir le leader altermondialiste. José Bové a déjà été reçu jeudi par la secrétaire d'Etat chargée de l'Ecologie, ce qui a permis, a-t-il dit, d'engager un "dialogue" laissant augurer un arrêt du mouvement dans les prochains jours. Nathalie Kosciusko-Morizet a en effet indiqué que la haute autorité indépendante d'évaluation chargée d'éclairer le gouvernement sur le maïs MON 810, le seul commercialisé en France, rendrait son avis "mercredi ou jeudi" prochain. "Si cet avis est défavorable ou s'il est réservé, il y aura une activation de la clause de sauvegarde conformément aux engagements du Grenelle de l'environnement", a-t-elle dit.
Plusieurs ONG reprochaient en effet au gouvernement de ne pas avoir activé la "clause de sauvegarde" de Bruxelles qui permet à un Etat membre d'interdire la culture d'un OGM autorisé au plan communautaire. Pour l'heure, le gouvernement a décidé un gel a minima des cultures OGM jusqu'au 9 février prochain, le temps d'adopter une nouvelle loi sur le sujet. "Tous les contacts que nous avons avec les pouvoirs publics ou les associations qui rencontrent les ministères assurent qu'ils vont mettre en place cette clause de sauvegarde", affirmait mercredi José Bové dans Sud-Ouest. "Alors on leur a dit, hé bien maintenant il faut le faire ! C'est ça qui pourra mettre un terme à la grève de la faim et j'espère que ça arrivera".
Pour cette nouvelle action, le leader altermondialiste ne sera pas seul. "Il y aura autour de moi une quinzaine de personnes qui s'engagent sur l'ensemble de la durée", a indiqué José Bové. Des députés socialistes, verts et communistes ont d'ores et déjà apporté leur soutien au leader altermondialiste. Pour sa part, Ségolène Royal a apporté jeudi son soutien à la "posture morale" de José Bové.
D'après agence
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