Michel Fourniret lors d'une reconstitution © TF1/LCIMichel Fourniret ne veut pas que ses avocats français le défendent pendant son procès. Et il le leur a fait savoir... "Son droit (à la défense) est assuré, il décide de ne pas l'utiliser, c'est son droit", a commenté Me Pierre Blocqueaux, un des trois avocats français commis d'office pour le défendre, qui a rencontré son client à la prison de Châlons-en-Champagne le 4 janvier. Un nouveau rebondissement dans l'affaire Fourniret qui intervient alors que la première audience devant la cour d'assises des Ardennes est fixée, pour le tueur en série présumé, au 27 mars...
Selon l'édition de vendredi du quotidien belge Le Soir, Michel Fourniret devrait rencontrer prochainement ses deux avocats belges pour leur demander de l'assister lors du procès, au cours duquel sa défense devait être assurée par les Français. Le Soir évoque une "lettre de 15 pages, à l'écriture fouillée", dans laquelle "Michel Fourniret ne justifie pas sa décision de se séparer de ses avocats français. Il écrit à ses avocats belges : 'Je comprendrais que vous ne puissiez assumer ma défense', faisant référence aux accords antérieurs qui prévoyaient que seuls les avocats ardennais plaideraient en cour d'assises".
"Ce n'est pas M. Fourniret qui est maître de la tenue de son procès"
Faut-il voir là une nouvelle manoeuvre pour retarder le procès ? Aucun doute pour Le Soir, qui évoque déjà l'hypothèse d'un report de l'audience du 27 mars. Mais selon Eric Enquebecq, procureur général près de la cour d'appel de Reims, la décision de se défendre seul ou de ne pas comparaître ne peut pas remettre en cause la date du début du procès : "Ce n'est pas M. Fourniret qui est le maître de la tenue de son procès. Le système judiciaire a les moyens de contrer ses manoeuvres dilatoires". Les avocats français doutent également de l'utilité de la manoeuvre : "Il ne peut pas nous récuser puisque nous sommes commis d'office. Dans ce cas-là, les avocats commis d'office assistent aux débats mais ne disent rien", a déclaré Me Blocqueaux.
Le procès de Michel Fourniret, 65 ans, accusé de sept homicides et autant de viols ou tentatives entre 1987 et 2003, et de son épouse et complice présumée Monique Olivier, 59 ans, est prévu pour durer deux mois. En octobre, la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Reims avait mis en délibéré la requête de Michel Fourniret d'être entendu dans trois autres affaires de disparition ou de meurtre de jeunes filles, dont celle d'Estelle Mouzin. Le parquet et les avocats des parties civiles avaient jugé cette requête "irrecevable" estimant qu'il s'agissait d'une tentative du tueur en série présumé pour retarder son procès.
D'après agence
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