Eric de Montgolfier, procureur de la République à Nice © TF1/LCILe procureur de Nice Eric de Montgolfier a contesté samedi avoir ordonné la prolongation de la détention du voleur Jean Herrina qui lui a valu cette semaine une mise en examen pour "atteinte à la liberté individuelle". "C'est le directeur de la maison d'arrêt (de Nice, ndlr) qui a pris objectivement la décision de garder Herrina et ceci sans aucun document écrit de ma part", a-t-il affirmé.
Jean Herrina, surnommé "l'émir" ou le "sultan", était internationalement connu pour ses vols de bijoux de grand luxe. Il s'est suicidé en mars 2007, à 50 ans, à la prison de Draguignan, dans le Var. En septembre 2002, il avait été placé en détention provisoire à Nice pour un vol commis dans une bijouterie de Saint-Jean-Cap-Ferrat, dans les Alpes-Maritimes. Le 13 janvier 2003, un juge de la liberté et de la détention avait décidé de ne pas prolonger son maintien en détention mais Jean Herrina n'avait pas été pas remis en liberté immédiatement.
"Manœuvre judiciaire"?
L'ancien directeur de la maison d'arrêt de Nice, également mis en examen dans ce dossier, "affirme qu'il m'a appelé et que je lui ai donné l'ordre par téléphone de ne pas remettre Herrina en liberté, notamment en raison d'une erreur de procédure commise par le juge de la liberté", a déclaré à l'AFP Eric de Montgolfier, qui nie avoir jamais eu cette conversation. Le procureur a affirmé n'avoir aucun souvenir de ce coup de fil : "Je ne me vois pas dire oralement 'gardez-le'. Cette démarche ne me correspond pas, j'aime bien connaître les tenants et les aboutissants d'un dossier et le cas échéant, je donne un ordre écrit. D'ailleurs, je n'ai jamais vu un directeur de maison d'arrêt mettre quelqu'un dehors, ou le garder, sur un simple coup de téléphone".
Quelques jours après cet épisode contesté, une nouvelle mise en examen pour le vol de deux bagues en diamants à Hongkong a été signifiée au "sultan" par un juge d'instruction de Nice, permettant son maintien en détention. "S'il y a eu manoeuvre judicaire, elle concerne cette seconde procédure manifestement ouverte pour 'rattraper' Herrina, qui contre toute attente échappait au juge d'instruction", a commenté le procureur.
Jean Herrina avait déposé dans cette affaire une plainte avec constitution de partie civile aujourd'hui relayée par sa fille et instruite par deux juges de Lyon qui ont mis en examen le procureur en milieu de semaine. "C'est une phase de la procédure, ça n'en est pas la fin. Je vais prendre ceci avec le détachement que donnent les nouvelles expériences. Je vais pouvoir observer ce que de l'autre côté on ressent dans ce cas-là", a commenté Eric de Montgolfier.
(D'après agence)
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