Des travaux forcés au Tchad, quelle peine en France ?

le 14 janvier 2008 à 05h00 , mis à jour le 14 janvier 2008 à 15h47

Condamnés à 8 ans de travaux forcés par la cour de N'Djamena, les six Français comparaissent devant le tribunal de Créteil, qui doit adapter leur peine.

Eric Breteau, le président de l'ONG Arche de Zoé, le 26 octobre 2007Eric Breteau, le président de l'ONG Arche de Zoé, le 26 octobre 2007 © CAPA

Notre dossier sur cette affaire
 

Vingt jours après leur condamnation à huit ans de travaux forcés par la justice tchadienne, les six membres de L'Arche de Zoé comparaissent aujourd'hui à partir de 9h30 devant le tribunal correctionnel de Créteil, dans le Val-de-Marne. Les juges doivent statuer sur l'adaptation de leur peine, les travaux forcés n'existant pas en droit français.

On ignorait dimanche soir si le président de L'Arche de Zoé, Eric Breteau, encore hospitalisé vendredi soir en raison d'une grève de la faim, pourra ou non assister à l'audience. Son état de santé n'avait pas permis d'ailleurs sa présentation jeudi aux juges chargés de la partie française de ce dossier dans le cadre de l'information judiciaire ouverte pour "aide au séjour irrégulier de mineurs étrangers en France", "exercice illégal de l'activité d'intermédiaire en vue d'adoption" et "escroquerie".

"La peine qui correspond le plus en droit français"
 
Eric Breteau, Emilie Lelouch, Alain Péligat, Philippe van Winkelberg, Nadia Merimi et Dominique Aubry ont été condamnés à N'Djamena le 26 décembre pour la tentative d'enlèvement de 103 enfants au Tchad - qu'ils disaient orphelins du Darfour - après avoir tenté de les exfiltrer vers la France deux mois auparavant. Les six Français avaient été transférés, avec leur accord, en France deux jours après le verdict, pour y purger leur peine dans le cadre de la convention judiciaire franco-tchadienne de 1976.
 
En théorie, cette audience devrait être sans suspense. Le procureur de Créteil Jean-Jacques Bosc avait annoncé au lendemain de l'arrivée des six condamnés qu'il demanderait huit années d'emprisonnement lors de leur comparution. L'article 728-4 du code de procédure pénale (CPP) prévoit que "le tribunal correctionnel du lieu de détention, saisi par le procureur de la République ou le condamné, lui substitue la peine qui correspond le plus en droit français". "La peine restant à subir tient compte de la durée de détention subie par l'intéressé dans l'Etat étranger et des réductions de peine. L'exécution sur le territoire français est régie par les règles internes de procédure pénale", dispose également cet article.

"La justice ne peut pas laisser les choses en l'état"
 
L'article 728 du CPP précise que "le tribunal statue en audience publique, après avoir entendu le ministère public, le condamné et, le cas échéant, l'avocat choisi par lui ou commis d'office sur sa demande". "Le jugement est immédiatement exécutoire nonobstant appel", selon cet article. La convention judiciaire entre la France et le Tchad prévoit à l'article 30 que "les réductions, ajournements, libérations et autres modalités d'exécution des peines" relèveront bien de la justice française, mais qu'elles seront décidées "après avis de l'Etat dont relève la juridiction de condamnation".
 
Lundi à Créteil, les avocats de six condamnés devraient prendre la même ligne de défense : les droits de la défense ont été bafoués au Tchad et "la justice française ne peut pas laisser les choses en l'état". La décision devrait être soit rendue dans la foulée de l'audience de lundi, soit plus probablement mise en délibéré sous quinzaine.

(D'après agence)

le 14 janvier 2008 à 05:00
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15 Commentaires

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  • Hervé, le 14/01/2008 à 10h57

    C'est simple: 8 ans de prison ferme!!!

  • Tiel, le 14/01/2008 à 10h15

    Si les travaux forcés n'existent pas en France, la justice peut les forcer à travailler, non?

  • Jean, le 14/01/2008 à 10h11

    Ce qui est dommage et indéniable, c'est qu'il n'ont pas eut droit à un vrai procès et que le verdict n'a aucun sens ( même peine pour tous). Une question : pourquoi n'avons nous pas plus entendu les familles des enfants qui les ont confiés ( dans quels conditions ? pour quel somme ?...) j'ai l'intime conviction qu'ils ont été pris dans un jeu de dupes...

  • Cris, le 14/01/2008 à 10h10

    Je trouve pour ma part qu'on ne les laisse pas s'exprimé assez sur cette affaire.de plus je pense que la justice tchadienne a fait du zèle sur ce dossier.il doivent être libéré et faire des travaux d'interêts générale,je suis persuadé que bien que maladroit dans leurs démarche ce groupe de jeunes idéalistes avait les meilleurs intention du monde pour ces pauvres enfants qui celà dit au passage sont toujour parqué dans des orphelinats minable.a dormir sur un simple nâtte par terre.la justice doit être souple avec eux,bien que complètement déjantés ce sont de bien gentils fou.LIBEREZ LES!!!!

  • Bernard roger, le 14/01/2008 à 10h01

    S'il vous plait laissons la justice française trancher ,nous sommes un pays de droit pointfinal.

  • Ak, le 14/01/2008 à 10h00

    Bonjour à tous. Je pense qu'il doit être possible, sans facher les tchadiens de commuer 8 ans de travaux forcés en 8 ans de travaux d'intérêt général dont 1 an de prison ferme pour la leçon.

  • Michel, le 14/01/2008 à 09h56

    Faut-il considérer le Tchad et sa justice comme fiables ? Il y a un doute, parce que la justice française ne vaut pas mieux.

  • Brelandas, le 14/01/2008 à 09h55

    On pourrait les condamner à regarder la télévision 12 heures par jour? Pas plus après ce serait inhumain..

  • Laurent, le 14/01/2008 à 09h49

    Qu'ils soient déjà contents d'être de nouveau en France où la peine purgée sera moindre qu'au Tchad.Ils ont commis des actes répréhensibles, c'est tout à fait normal qu'un état souverain juge les personnes qui ont outrepassés ses lois.

  • Magiera, le 14/01/2008 à 09h27

    Déjà que le Tchad les a laissé rentrer en France,il ne faut pas faire injure à ce pays en commuant une peine justifiée à un minimum .

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