Les CRS intervenants pour faire évacuer la salle d'audience du tribunal d'Ajaccio, le 23 janvier 2008 © LCIDepuis le début de l'après-midi, la tension était palpable à l'extérieur du tribunal d'Ajaccio, où étaient jugés mercredi en comparution immédiate les incendiaires présumés et les auteurs des dégradations commises à l'Assemblée de Corse. Une violente bousculade a opposé nationalistes et forces de l'ordre dans la soirée, quand le président a ordonné l'évacuation de la salle alors que l'assistance protestait contre la présence de CRS, selon elle, en trop grand nombre dans la salle, en tapant sur les bancs aux cris de "libertà !" et en applaudissant les prévenus à leur entrée.
Dans la bousculade qui a suivi, un homme en chaise roulante mis en avant par les protestataires à été renversé et les forces de l'ordre ont inondé la salle d'audience de gaz lacrymogènes. A l'extérieur du tribunal, les CRS ont également fait usage de grenades lacrymogènes pour disperser les manifestants nationalistes. Contrainte de se réfugier dans le bureau des avocats, hors de la présence du public et des journalistes - la salle d'audience étant saturée de gaz lacrymogènes - la cour a condamné deux prévenus à un mois de prison ferme pour les dégradations et les vols commis à l'Assemblée de Corse. Un troisième prévenu a été condamné à deux mois fermes en raison de ses antécédents judiciaires. Le procureur de la République avait requis un mois de plus pour chacun des prévenus qui avaient reconnus être les auteurs de dégradations volontaires et de vols dans cet édifice.
"J'étais là un peu en touriste"
Les deux incendiaires présumés, membres du mouvement nationaliste Rinnovu, ont été remis en détention en attendant les conclusions du supplément d'information demandé. Le procureur avait requis douze mois ferme pour chacun. L'incendie volontaire du samedi 12 janvier avait entièrement détruit les bureaux d'Ange Santini, président UMP du conseil exécutif de Corse, situés au troisième étage. A l'audience, les trois jeunes gens condamnés pour déprédations ont expliqué avoir pénétré dans l'édifice "par curiosité".
Au troisième étage, ils ont abondamment pioché dans le bar, se sont cuisiné des lasagnes surgelées et se sont livrés à une bataille d'extincteurs avant d'être priés de "dégager" par un commando de quatre à cinq hommes masqués. A l'audience, ils n'ont pas reconnu les deux militants du mouvement nationaliste Rinnovu. Quant aux photos extraites des caméras de surveillance, elles montrent les deux hommes sur les lieux de l'incendie, avant et après son déclenchement. Tous les deux ont nié en être les auteurs. "J'étais là un peu en touriste", a affirmé l'un d'eux, niant, tout. Les avocats des deux militants ont plaidé la relaxe, soutenant que le dossier était "lacunaire", monté "à des fins politiques, pour salir le Rinnovu".
D'après agence
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